Témoignage de la remise en marche du comité local 93-Ouest
Un article du CL Attac 93-Ouest
Rubrique Vie des CLs
Justin Daché a été à l’initiative de la relance du CL 93 Ouest. Il nous raconte les étapes de cette re-création de ce comité avec les adhérentes et adhérents d’Attac :
“Je suis Dyonésien, habitant de Saint Denis. En 2019 je commence à m’impliquer dans Attac et je découvre que le comité local dont je relève est situé à Montreuil, à l’autre bout du département, ce qui est très loin en transport. Je me concentre donc sur d’autres activités en lien avec le siège d’Attac, situé dans Paris.
En mars 2020, lors du confinement, je suis au chômage partiel à 100% avec donc énormément de temps libre. L’absence de comité local proche de chez moi m’attriste toujours. Saint Denis est une ville militante, universitaire, et très à gauche. Elle semble idéale pour accueillir un comité local et pouvoir avoir une action concrète. Partant du principe « si personne ne l’a fait et que tu le regrettes, fais le toi-même » j’entre en contact avec Gilles Sabatier et Adeline de Lépinay au sujet de l’établissement d’un comité local. Nous découvrons, grâce à la mémoire de Gilles, qu’un comité local existe déjà mais qu’il est en sommeil. Le président actuel est Alain Lepage.
La première étape pour relancer ce comité est de constituer une équipe avec d’autres adhérents/militants Attac. Pour des raisons de RGPD (tout à fait légitimes) je n’ai pas accès aux données des membres d’Attac situé dans le secteur de recrutement que nous visons. Gilles et Adeline me mettent en contact avec Emre Öngün, membre du CA d’Attac et dyonésien lui aussi. À nous deux nous définissons un secteur de recrutement et nous rédigeons un courrier que nous faisons envoyer par les salariés d’Attac aux militants concernés. Dans ce courrier nous faisons part de notre volonté de relancer le comité local et nous fixons notre première réunion en septembre : nous sommes en juillet et le but est de pouvoir commencer à s’impliquer dès la rentrée. Une première rencontre se fait, nous sommes cinq : Emre, Alain, Pierre Fouilhoux, Gaël Mahé et moi. Nous parlons de ce que nous souhaitons pour ce comité local, des populations que nous voulons toucher, des spécificités (nombreuses) de cette ville, des associations qui existent déjà, et surtout de ce que nous pouvons apporter au milieu militant de ce secteur. Nous parlons aussi de considérations plus administratives et pragmatiques : quel est le statut actuel du comité local, y a-t-il un compte en banque, et où pouvons-nous nous domicilier et nous réunir. Et nous repartons avec des réponses à chacune de ces questions.
À la fin de cette réunion nous avons l’équipe que nous souhaitions, et une situation éclaircie. Nous savons ce que nous voulons faire et nous avons des idées pour le mettre en place. Nous organisons une seconde réunion pour voir ce que nous pourrions prévoir pour la rentrée avec cette équipe. Nous décidons de participer à la fête de Saint Denis, un événement local qui attire déjà beaucoup de public, et de créer dans la foulée notre propre événement en organisant une conférence sur les chauffeurs de VTC et les livreurs autonomes, un sujet porteur pour notre secteur.
Une réunion plus large avec un mail envoyé à tous les adhérents est organisée début septembre. Elle se tient dans un café militant, Le Trianon. Nous sommes une dizaine, et les deux projets que nous avons prévus sont reçus favorablement. Les idées s’affinent, il est décidé de se servir de la fête de Saint Denis pour annoncer la conférence. Plusieurs réunions s’enchaînent pour parler de ces sujets au cours du mois de septembre.
Pour plusieurs raisons dont la difficulté à rassembler d’anciens documents du comité local existant, nous décidons de créer administrativement un nouveau comité local. Enfin nous mettons en place une liste mail restreinte pour communiquer entre nous.
En octobre la pandémie nous fait annuler nos deux projets, la fête de Saint-Denis et la conférence. Les réunions se font désormais en distanciel. Nous continuons à nous réunir grâce à un serveur big blue button et ne restons pas inactifs. Nous mettons en place une messagerie whatsapp, participons à la campagne « profiteurs de la crise » en allant coller dans Saint Denis les affiches Attac. Lors d’un de ces collages, alors que nous parlons avec des dyonésiens, Antony Drugeon a l’idée de faire parler des dyonésiens sur les sujets d’Attac. Nous éditons donc un tract que nous distribuons en essayant d’entamer un dialogue avec les habitants. Une vidéo sera faite à partir de ces témoignages et publiée sur notre Facebook.
Cependant la maison de la vie associative de Saint Denis ne nous a toujours pas validé notre domiciliation et nous ne pouvons donc pas déclarer le comité local en préfecture. La demande a été faite en août et nous sommes en février. Il est vrai qu’entre-temps nous avons participé à des manifestations contre la Mairie et collé régulièrement des affiches en ville. Il est possible que nous leur ayons déplu. Nous demandons donc une domiciliation à la bourse du travail de Saint Denis, et apprenons qu’elle est gérée par le même service de la Mairie que la maison de la vie associative et que nous ne pouvons donc pas leur faire cette demande. Cependant quelque chose a dû bouger dans l’administration puisque moins d’une semaine plus tard nous recevons un appel pour nous annoncer notre domiciliation à la maison de la vie associative. Nous rédigeons alors nos statuts en nous inspirant de ceux d’un autre comité local. Nous faisons finalement une assemblée générale en ligne et en avril les statuts sont adoptés et un bureau est élu. En parallèle nous menons une action à la station de métro Mairie de Saint Ouen en allant coller une affiche 4 x 3m de la campagne Attac « Gang des profiteurs » sur une publicité pour des paiements en ligne.
Actuellement nous prévoyons une visite militante de Saint Denis avant l’été. Nous mettrons en œuvre les projets de l’automne dernier à l’automne 2021.
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