Formation à l’action
Intervenants : Clément, Ben
Restitution : Charlotte (Comité Local Attac Moselle)
La forme de l’atelier se veut ouverte, sous forme de discussion (avec respect des tours de paroles) entre toustes.
L’atelier commence avec un tour de table des participantes (prénoms, CL, expérience d’actions) et un petit exercice « brise –glace ». Il s’agit, par groupe de 3-4 personnes, de répondre à la question « c’est quoi une action réussie ? ». Chaque personne de chaque groupe écrit sur un post-it sa réponse (un mot/une idée) auparavant discutée collectivement. Le but de l’exercice est d’amorcer la communication au sein du groupe et de travailler la mise en place d’un consensus d’action. Les post-it sont ensuite regroupés sur un tableau par thème : communication/médiatisation, Impact sur la cible, compréhension par toustes/éducation populaire, nombre/efficacité…
Dans la discussion, il est rappelé ici le consensus d’action d’Attac comme point important de départ de travail et la question de l’éducation populaire comme objectif n°1, via les médias ou directement avec le public.
Les animateurs de l’atelier interrogent les participant.es sur leur expérience de préparation d’une action. Comment les personnes travaillent sur l’initiation d’une action ? L’importance d’un consensus clair sur l’action entre les personnes directement impliquées dans la préparation permet notamment une bonne réaction aux imprévus.
Un point sur les premières étapes de préparation (exemple de fonctionnement du groupe action Paris) :
1) Une première réunion est organisée pour définir l’objectif de l’action, choisir la cible et « prendre la température » : qui s’engage ? Il faut compter les forces qui s’impliqueront vraiment dans la préparation et dans l’action. Puis répartir les rôles/sous-groupes de travail.
– Quel est l’objectif, notamment médiatique : quel message ? Envers le public et envers la presse (prévoir un communiqué de presse et un message clair). Quelle scénographie ? Quelle image souhaitée (en lien avec le communiqué de presse).
– Prévoir un groupe logistique : gestion du matériel (à budgétiser)
– Prévoir un groupe qui gérera les relations police/employées
2) Prévoir ensuite de faire des réunions intermédiaires par sous-groupes ou groupe complet (en fonction des forces vives disponibles dans le CL), puis de nouveau une réunion de toutes les personnes impliquées dans l’organisation pour suivre l’avancée.
Point crucial à travailler : la fin de l’action et l’ordre de dispersion. Qui le donne ? Quand ? Établir un consensus de fin d’action.
Le briefing juridique :
Toujours prévoir un briefing juridique avant l’action avec toustes les participantes et bien rappeler le consensus d’action et le projet de fin d’action.
Un rapide rappel des risques juridiques est présenté aux participantes de l’atelier. Quelques points sont évoqués (ci-dessous) en réponse aux questions posées mais il est rappelé qu’un guide juridique très complet est disponible sur la page web d’Attac Vie interne / Guide et Outils (https://vie-interne.attac.org/guides-outils/article/guide-juridique-pour-les-actions-de-desobeissance-civile) :
Avant l’action : avoir sur soi sa pièce d’identité, 5 à 10 euros, le n° de téléphone de la personne à contacter en cas d’arrestation et de placement en garde à vue (GAV) « base-arrière » ou « legal-team » (possible aussi de faire appel à un avocat commis d’office). Noter le n° sur son bras mais non visible.
La « base-arrière » n’est pas présente sur le lieu de l’action. Sur place, prévoir un ou des observateurtrices légèrement en dehors des lieux mais avec visibilité de l’action (à la différence de la base arrière).
En cas d’interpellation : noter l’heure, donner sa « petite identité » (ce qu’il y a sur sa carte d’identité + filiation)
La GAV commence au début de l’interpellation, s’il y a placement en GAV (24h renouvelable deux fois sur demande du procureur ou si soupçon de terrorisme). L’office de police judiciaire (OPJ) doit énoncer vos droits. Possibilité de donner le nom de l’avocat ou d’appeler la base-arrière qui s’en chargera.
Une seule chose à retenir sur quoi dire : « Je n’ai rien à déclarer » !! (= droit au silence)
Surtout ne pas donner de noms d’organisateurtrices. C’est ce que l’OPJ va absolument chercher à savoir !
Il faut garder en tête que face à soi, on a un expert de la GAV et se méfier des questions naïves ou de la fausse (ou même vraie) sympathie. Rester absolument sur le « Je n’ai rien à déclarer ». Ne pas répondre aux questions ni mentir ou dire je ne sais pas.
Garder à l’esprit aussi que la répression policière est une stratégie pour mettre fin à un mouvement militant.
Les risques légaux les plus courants : violation de domicile, dégradations légères/lourdes, entrave à la circulation, trouble à la circulation, délit d’attroupement. Adapter le briefing en fonction des risques pris au cours de l’action
Que faire de son téléphone ? A minima, il faut les verrouiller par un code ou code-schéma (pas facile à deviner, comme 0000 ou 1234…). Les éteindre avant le placement en GAV. Les policiers n’ont pas le droit de demander le mot de passe. Une solution également : ne pas prendre son téléphone avec soi.
On a le droit de filmer ou enregistrer la police.
Ici, un rôle-clé à rappeler : le contact police
A la fin de l’atelier, les animateurs proposent une discussion collective sur les projets d’actions envisagées dans le cadre de la campagne contre Amazon « Un Vendredi Noir pour Amazon » à l’occasion du Black Friday (29 novembre). Sont évoqués plusieurs niveaux/types d’actions : blocages, actions sur les lockers, actions dans les centre villes. Puis pour finir, il est discuté des modes de médiatisation et du lien entre actions des comités locaux et Attac France : page facebook, twitter, envoi des vidéos et photos et tout le monde souligne l’importance de la communication avec Attac national et avec la presse locale.
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