Rapport d’activité 2020 de l’espace Migrations

Notre préoccupation principale a été de continuer à s’ouvrir plus largement aux comités locaux engagés sur le front des migrations, aux militants d’Attac isolés qui s’investissent dans des collectifs élargis localement, et aux associations extérieures dans lesquelles de multiples membres de la commission exercent des responsabilités parallèlement à leur présence ou action dans Attac. Toutes et tous sont ancrés sur le terrain, ce qui est essentiel pour pouvoir en parler, et notre rôle en tant qu’espace de travail d’Attac a été de leur offrir un cadre pour en parler (confrontation) et un lieu d’échange de points de vue pour en tirer une analyse de signification plus politique altermondialiste qu’humanitaire (élaboration collective)
D’où nos réunions mensuelles en trois volets récurrents : (a) tour d’horizon de l’actualité et des situations sur nos fronts locaux, (b) tâches pratiques , (c) débats politiques à engager. Avec constitution en pièces jointes à chaque réunion d’une bibliographie documentaire dense (articles, études, points de vue, informations évènementielles…) pouvant servir de bases à ces débats centrés sur la question « les migrations, en particulier contraintes, sont un fer de lance de la société altermondialiste à construire en partage avec les autres espaces de travail d’Attac et nos autres partenaires sur le terrain ». Au fil des mois cette formule est devenue un axe central de communication de la Commission.
Agir sur le terrain pour pouvoir en parler en connaissance de cause, et en parler largement avec d’autres pour avancer ensemble vers une solution politique à proposer, telle a été la démarche de travail mise en place. La commission veut ainsi être un lieu de rencontres et d’échanges où se croisent les réflexions et engagements personnels, et où du coup peuvent s’articuler des propositions d’orientation nouvelle, socioéconomique et politique.
Concrètement, cela aura pu donner un point d’appui aux initiatives d’actions de nos militants engagés localement comme :

  • Une contribution à la création d’un collectif local élargi (communes sud de Paris)
  • La participation et le soutien à des initiatives d’autres associations et d’ONG (comme la section LDH de l’EHESS pour mobiliser sur les crimes contre l’humanité dont les États sont complices),
  • Au sein de la commission, la tenue de réunions de travail abordant en fonction de l’actualité des questions thématiques sensibles telles que le délaissement par l’État de ses obligations à l’égard des MNA, la question de l’enfermement en rétention des migrants dans des CRA, celle de la dématérialisation nuisible des prises de RV en préfectures, celle du soutien aux manifestations massives des SP malgré les contrainte sanitaire pour leurs régularisations, celle l’opposition au refoulement illégal aux frontières qui ne dit pas son nom, celle de l’hébergement inexistant ou indécent des migrants, celle du droit à la santé à faire respecter, celle des difficultés des réfugiés à accéder à leurs droits citoyens qui leurs serait totalement déniés si des bénévoles de toutes sortesd’organisations comme La Cimade, Gisti, LDH, et autres collectifs ne les aidaient pas, etc.
  • L’appui aux initiatives (présence à des réunions publiques, apport documentaire, diffusion des informations, pétitions, reportages photographiques) qu’ont prises nos militants sur des thèmes traités localement tels que le projet de réunion sur « l’hospitalité » à Orléans, « le maintien de l’accueil physique des migrants » à Briançon, « le suivi des jeunes en détresse » à Grande Synthe, « la prise en charge collective des étrangers » à Quimper, « la coopération sur le front MNA-MIE avec RESF » à Grenoble et dans l’Intercommunalité Sud Paris, « le suivi du TPP » à Paris, « l’accès aux droits et Centres de Rétention Administrative » en Occitanie, les grandes manifestations pour la dignité ou la défense des Sans Papiers dans les grandes villes, etc,
    Des publications et contributions au débat public ont complété cette orientation :
  • une contribution dans la revue « Les possibles » du Conseil Scientifique sur le thème « migrations et discriminations », complétée et reprise en livre écrit à 12 mains interdisciplinaires sous le titre « Migrations forcées, discriminations et exclusions – Les enjeux de politiques néolibérales », publié aux Editions du Croquant où il peut être commandé à https://editions-croquant.org/hors-collection/613-migrations-forcees-discriminations-et-exclusions.html
  • une présentation de cet ouvrage à la Société Louise Michel à l’initiative de la section LDH de l’EHESS animée par un des membres de la commission, laquelle en a donc été partenaire
  • la préparation ébauchée avec le CRID du contenu d’un atelier pour l’Université d’Eté des Mouvements Sociaux (UESM) prévue à Nantes en 2020, finalement reportée à 2021, et dont nous allons reprendre maintenant les quatre esquisses du projet
  • une participation aux échéances majeures dans lesquelles Attac est partie prenante, notamment une intervention à la CNCL du 14/11/ 2020 et à l’AG du 15, animation de l’atelier n°2 de la dernière CNCL du 13.2.2021
  • un apport de contribution militante aux EGM avec présence dans les webinaires ou AG des groupes chantiers « mineurs isolés », « international » et groupe central de « facilitation » (il faut préciser à cette occasion que des membres de la commission assument des responsabilités dans les organisations partenaires que sont la LDH, l’EHESS, La Cimade, les EGM, la FASTI, ou d’autres dont ils sont aussi adhérents)
  • une participation en cours aux webinaires d’organisation du Forum Social Mondial (FSM) de 2021, etc….
    Un autre pôle de préoccupations a concerné l’amélioration de l’organisation interne de la commission au sein d’Attac pour remplir ces tâches, en commençant par les liens à tisser, ou ponts de travail commun à lancer, avec les autres thématiques des espaces de travail au sein d’Attac. Cette préoccupation va devenir un objectif essentiel dans les mois à venir.

Perspectives pour 2021 et besoins d’apports externes : voici quelques pistes sur lesquelles la commission veut progresser :

  • réactiver notre espace de travail sur le site d’Attac pour y déposer régulièrement les apports et expériences de nos CL et avoir un contact direct au sein du CA, pour une connexion plus fluide en cas d’urgence (communiqués de presse par ex)
  • se doter d’un « fonds de ressources » documentaire de référence, utile aux militants et CL quand ils en ont besoin et facilement accessible (la commission réfléchit au gros travail professionnel de documentaliste que cela implique)
  • s’appuyer plus sur les soutiens possibles d’élus et de villes dites « accueillantes » là où ils peuvent exister pour mieux contrer les politiques discriminatoires et répressives étatiques (en préparation : une note pour s’inspirer d’exemples sur la façon de faire)
  • poursuivre notre travail de publications éditoriales (livrets militants notamment) et de promotion de ce qui est déjà publié
  • concevoir une ou des campagnes de sensibilisation contrant les idées reçues, la pression médiatique et la xénophobie ambiante, à proposer collectivement dans Attac (une « campagne prioritaire » ?) et/ou avec d’autres ONG
  • élargir nos échanges en réseau à des associations de migrants des pays de départ (cf l’association Passerelle) et développer nos contacts en France avec les Collectifs de Sans Papiers (CSP)
  • au sein de la commission, donner plus de place aux débats d’orientation sans lesquels la perspective d’alternatives politiques reste floue sur le terrain des luttes.
    Cela peut aussi passer par décloisonner certains débats entre espaces de travail, par zoom, sur des sujets sensibles communs et d’actualité, introduits par des contributions solides servant de référence (exemples : « décolonisation économique et culturelle » avec l’espace ALE-APE, , « migrations économiques et effacement de la dette » avec le CADTM, « migrations environnementales et politique climatique » avec l’espace Ecologie & sociétés, « actualisation des migrations féminines » avec l’espace Genre, « migrations, fondamentalismes et laïcité » avec l’espace Démocratie, « livre blanc sur la situation sociale des MNA-Jeunes Majeurs en galère » avec RESF).

Pour atteindre ses objectifs, la commission fait appel à toutes les contributions en rappelant qu’il est possible pour cela de la contacter directement à l’adresse migrations-contact@attac.org.