Rapport d’activité 2017

, par Attac France

1 - Introduction

Les élections présidentielles de 2017 ont vu arriver au pouvoir un président et un gouvernement, soit-disant de gauche comme de droite, mais qui ont affirmé très nettement une politique profondément néolibérale, un "business model", une "start-up nation" promus par les grands patrons, détruisant ce qu’il reste de la solidarité nationale et de la protection sociale. Un pouvoir qui se pare des vertus de l’écologie tout en s’engouffrant dans un capitalisme financier destructeur de la nature. Un pouvoir jouant les justiciers mais qui piétine les droits humains, à commencer par ceux des migrant.e.s. Le tout mené dans un style managerial autoritaire, vertical, à une vitesse éclair, avec l’espoir que cette stratégie du choc nous laissent sidérés.

Mais les manifestations contre la loi travail, les résistances contre la politique migratoire ou les grèves syndicales annoncées dès le mois de mars montrent que la sidération laisse place, progressivement, à l’indignation et la contestation. La victoire obtenue à Notre-Dame-des-Landes par tous les résistant.e.s à l’aéroport amène de l’espoir, sans nous tromper sur les intentions de ce gouvernement, dévoilées clairement quelques jours après avec l’expulsion des militant.e.s anti-nucléaires à Bure. La victoire juridique et politique de notre association contre Apple, 1re multinationale du monde, prouve le rôle que jouent les mouvements citoyens contre les multinationales et le pouvoir de la finance, à l’heure où les gouvernements se sont inclinés.

Entre le libéralisme économique d’Emmanuel Macron, dont les désastres sociaux deviennent de plus en plus visibles, et la xénophobie et le faux protectionnisme d’un Donald Trump, l’altermondialisme indique une troisième voie possible, fondée sur une protection solidaire des peuples. Le succès de l’université européenne d’Attac de l’été 2017 prouve une fois de plus la soif des adhérent.es et sympathisant.es de notre association de s’inscrire dans des échanges et dans la construction de mouvements internationaux.

2 - Les engagements d’Attac

2.1. Désarmer la finance

L’instabilité du système financier pèse sur les populations. Les scandales financiers des Lux Leaks aux Panama Papers en avril 2016 ont démontré le rôle central joué par le système bancaire dans l’évasion fiscale. Si les gouvernements notamment européens ont renoncé à contrôler les banques, les populations sont de plus en plus conscientes de l’ampleur de l’évasion fiscale et de l’injustice que cela représente. Parce qu’il est nécessaire de désarmer les marchés financiers, Attac s’implique pour le contrôle de la finance et l’exigeance de justice fiscale. L’association mène le débat à travers des réunions publiques sur la crise financière, l’injustice fiscale, le contrôle de la finance, et lors de l’université d’été européenne à Toulouse en août 2017 où des ateliers, des forum et séminaires sur la finance, la fiscalité, la finance solidaire ont permis d’échanger largement.
Dans le même sens, Attac s’intéresse au rôle des lanceurs et lanceuses d’alerte qui agissent pour l’intérêt général, se mobilise pour les soutenir et participe à la maison des lanceurs d’alerte.

Attac est engagée dans plusieurs cadres collectifs qui poursuivent un travail de veille, d’analyses comme la plateforme des paradis fiscaux et judiciaires, ou Finance Watch. Les mobilisations s’amplifient, notamment pour dénoncer l’évasion fiscale. Impulsée au Forum Social Mondial de Montréal en 2016, la mobilisation pour une journée internationale contre les paradis fiscaux s’est organisée en avril 2017, tout juste un an après la révélation des Panama Papers.
Du 1er au 7 avril 2017, la première semaine mondiale pour la justice fiscale, coordonnée par l’Alliance Globale pour la Justice Fiscale a fédéré plusieurs centaines d’organisations dans le monde : tout en dénonçant les pratiques très répandues d’évasion fiscale, elle appelait l’ensemble des citoyen.ne.s à se mobiliser. Attac en a renforcé ses liens avec des organisations dont les luttes sont proches (syndicats, associations...) au cours d’actions de désobéissance civile et d’événements publics. Le 1er avril, des militant.e.s d’Attac organisaient des actions non-violentes dans toute la France (occupations, tractage, peinture au blanc de Meudon...), visant des banques (BNP, Société Générale) mais également des entreprises françaises (Engie) ou internationales (Apple, Ikea et Starbucks). Le 3 avril, Attac co-organisait une table ronde avec les candidats à la présidentielle sur la question de l’évasion fiscale. Le jour suivant, avait lieu un lobby tour à la Défense. Enfin, le mercredi 5 avril, le collectif "McDo passe à la caisse", dont Attac est membre organisait des "happy hours fiscales" dans les McDonald’s à travers toute la France.
Cette semaine s’inscrivant au cœur de la campagne "Rendez l’argent", s’est appuyée notamment sur le rapport "Rendez l’argent" qui démontre comment il est possible de récupérer 200 milliards d’euros par an qui échappent à l’impôt, pour une meilleur répartition des richesses, et répondre aux besoins sociaux. Un ensemble d’actions a également visibilisé les carences dans les secteurs publics, comme dans le secteur de la santé.

Par ailleurs, les mobilisations se poursuivent avec des partenaires européens et le réseau des Attac d’Europe pour imposer au niveau européen la taxe sur les transactions financières - le blocage des gouvernements allemands et français n’ont pas permis de faire aboutir ce qu’Attac exige depuis longtemps.

En France, la réforme de la politique fiscale annoncée par le nouveau gouvernement pour 2018 risque d’aggraver encore les inégalités. Tout en suivant le projet de loi de finances, Attac a rédigé une analyse de la politique fiscale et formulé des propositions dans le livre "Toujours plus pour les riches", janvier 2018.

En lien avec la commission finance banque, le groupe de travail "finance banque mob" a animé la mobilisation d’Attac contre l’évasion fiscale en 2017, autour de trois campagnes : celle des faucheurs de chaises, la semaine de lutte contre l’évasion fiscale et la campagne Apple paye tes impôts.
Ces dernières années, les actions de désobéissance civile comme celle des "faucheurs de chaises" dénonçaient par une approche non-violente les pratiques des banques et l’évasion fiscale. Les banques se sentant menacées ont engagé des procès contre militant.e.s. L’année 2017 a ainsi commencé par une mobilisation de plus de 2 000 personnes pour le procès de Jon Palais, animateur de l’association Bizi et d’ANV-COP 21 pour fauchages de chaises en 2015. Attac a fortement contribué à cette mobilisation. La relaxe de Jon a contribué à mettre le thème de l’évasion fiscale dans le débat public et à légitimer la désobéissance civile. Puis Attac s’est mobilisée en soutien à Florent Compain, président des Amis de la Terre, lors de son procès à Bar le Duc.
La décision d’Attac France en 2014 de développer les actions de désobéissance non-violentes conduit pour la première fois au procès d’une de ses militantes, Nicole Briend. L’enjeu est donc important, et dès l’automne 2017 la mobilisation s’engage en soutien à Nicole Briend en amont de son procès à Carpentras le 6 février 2018.

Lors de la semaine mondiale d’action contre l’évasion fiscale, les actions se sont élargies pointant du doigt les abus des multinationales. Par la suite, en juillet 2017, le CA d’Attac France a décidé de centrer notre campagne contre Apple, l’une des cibles de cette semaine de mobilisation, qui annonçait la sortie de son iPhone X pour l’automne. La campagne devait s’appuyer sur cet événement planétaire, relayé par les médias, les réseaux sociaux et les fans de la marque à la pomme. La campagne a été mise en œuvre dans un cadre collectif souple, iPhoneRevolt, avec des organisations qui combattaient Apple sur les aspects écologiques, sociaux et culturels de son activité.
De nombreux outils ont été produits pendant l’été et à la rentrée  : documents de fond (notamment le rapport "Apple le hold-up mondial"), fiches Apple pour les nuls, tribunes, ainsi que de nombreux matériels de campagne.
La campagne qui s’est déroulée de fin octobre à mi-décembre a été rythmée par une alternance d’actions de rue et de communications : tribunes, communiqués de presse, etc. La première action de rue a été réalisée le 27 octobre à Genève avec Attac Suisse dans le cadre des mobilisations pour appuyer les négociations du traité contraignant sur les multinationales, puis lors du lancement de la commercialisation de l’iPhone X, le 3 novembre simultanément à Paris et Aix-en-Provence, avec ensuite un pic le 2 décembre avec 30 actions dans toute la France et en particulier l’occupation pendant 3 heures de l’Apple Store Opera à Paris. Enfin nous sommes allés chercher Apple à Jersey le samedi 16 décembre.
Les retombées médiatiques ont été importantes : les pétitions et appels à dons ont été productifs. Apple a été contrainte de réagir, en acceptant de nous rencontrer le 18 décembre, puis en nous assignant en référé, afin d’empêcher les actions futures dans les Apple Store, telles que celles menées le 2 décembre 2017.

2.2. Pour une transition sociale, écologique et féministe

Attac se mobilise pour une transition qui doit s’engager dès à présent et permettre de répondre aux exigences sociales et environnementales. Les travaux des différentes commissions nourrissent les analyses et les perspectives et permettent d’envisager des alternatives.
• La plateforme emplois climat, créée en 2016 pour populariser le fait que la transition écologique, contrairement aux idées reçues, est créatrice et non destructrice d’emplois a publié un premier rapport fin janvier, créé un site internet et édité un petit guide grand public. De nombreuses présentations du rapport ont été faites dans différentes régions. Lors de l’ESU, où deux ateliers ont été présentés, un réseau européen s’est constitué, au sein de "One million Climate Jobs". Un atelier a également été organisé lors du "People’s Climate Summit" à Bonn.

La commission écologie et société suit différentes mobilisations, ses travaux sont alimentés par le dérèglement climatique, les GPII climaticides, les énergies fossiles et fissiles, en lien avec la finance ou le libre échange.
• Loi sur les hydrocarbures
Attac, aux cotés des Amis de la Terre et des collectifs Stop gaz de schiste a fait pression auprés des député.e.s afin que la loi Hulot, présentée comme exemplaire et historique ne soit pas vidée de son sens. Mais la loi votée le 1er décembre enterre l’interdiction d’exploiter le gaz de couche de Lorraine et du Nord Pas de Calais et permettra l’exploitation des gisements aprés 2040.
• Lutte contre le développement des Infra structures gaziéres : en octobre Attac a co-rédigé le rapport « L’UE enlisée dans le gaz : les lobbies derrière la politique européenne de développement des infrastructures gazières » pour dénoncer la politique de la commission européenne qui développe depuis 2011 une politique de marchés de l’énergie se traduisant par la construction de nouvelles infrastructures transfrontalières. Outre le port méthanier de Dunkerque récemment construit, un projet de gazoduc se précise entre la Catalogne et la France, le gazoduc Midcat, rebaptisé Step. Un collectif local (dont Attac, Amis de la terre et Alternatiba des départements 66 et 11) s’est créé, en étroite relation avec le collectif catalan, pour mobiliser les communes et populations concernées et faire face au gouvernement et au Président qui risquent de passer outre l’avis négatif de la CRE (Commission de régulation de l’énergie).
• Cop 23 : Attac France a publié un nouveau rapport en douze fiches, pointant quelques-unes des voies à suivre pour un véritable sursaut politique : « Urgence climatique : on entre dans le dur »
A l’occasion du Sommet Finance Climat (One Planet Summit) le 12 décembre, Attac a publié un rapport « La finance verte est-elle vraiment verte ? ». Un collectif d’organisations, sous le nom de « Pas un euro de plus » ciblant les énergies fossiles a organisé une grande action à forte visibilité, une
« vague bleue pétrole » devant le Panthéon, ainsi qu’un Tribunal des Peuples pour juger la finance climaticide.

Attac a participé à la préparation du 3è Forum social mondial anti-nucléaire en novembre 2017, et a co-rédigé une note de décryptage : « Nucléaire et finance : le pouvoir des lobbies contre la démocratie ». Ce forum a réuni plus de 400 personnes venant de 20 pays et s’est conclu par la mise en réseau des luttes.

Des ateliers ont été présentés en CNCL ("Lobby nucléaire et lobby financier : le pouvoir de bloquer les réformes" ; Projet MIDCAT). Une soirée à destination des adhérents a été organisée sur le thème : «  Laisser les fossiles dans le sol, arrêter le nucléaire, quelle transition énergétique  ?  ». Une soirée publique a été organisée en partenariat avec Politis sur le thème : « La catastrophe climatique, un défi pour l’imagination, un défi pour l’action  ».
Un livre Attac «  Le monde qui émerge  » a été co-rédigé par des membres de la commission faisant partie du groupe Alternatives systémiques et a été présenté devant de nombreux comités locaux.

La mobilisation s’est poursuivie contre les grands projets inutiles et en particulier à Notre-Dame-des-Landes. En arrivant au pouvoir le nouveau gouvernement s’est trouvé face à une question délicate. Au-delà de la question du maintien ou de l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les organisations mobilisées autour de la ZAD ont très vite soulevé la question de la pérennité de la ZAD. Au long de ces années de luttes, des personnes se sont installées sur la ZAD, des initiatives collectives et d’auto-organisation se sont développées. Comme une part importante du mouvement social, Attac y est très attentive, impliquée dans cette mobilisation et dans d’autres luttes de territoires (l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, l’autoroute A45 à Lyon et St-Étienne, Europacity dans le nord de Paris, etc.). Il est important pour Attac de pouvoir s’engager dans des expériences de transition, et la lutte à Notre dame de Landes notamment est riche d’enseignement.

Attac s’est engagée dans le passé, notamment aux côtés de la Confédération paysanne, contre l’élevage intensif et continuera de le faire, notamment face aux projets de type "Ferme des mille vaches"...

• L’enjeu des alternatives
En ce sens, la Commission «  Alternatives  », qui a notamment pour objectif de participer à la mise en œuvre du second axe du rapport d’orientation de 2016-2019 de l’association «  Engagement dans des expériences de transition  », a organisé une visite de plusieurs jours à NDDL en avril 2017. De plus cette commission a mené plusieurs actions, notamment auprès des comités locaux, et elle a pris en charge la rédaction du dossier central de «  Lignes d’Attac  » n°111 en octobre 2017. De plus, elle organise, avec la commission formation d’Attac France, une journée de formation militante à Paris qui aura lieu le 3 février 2018.
Les ateliers, tant lors des CNCL («  Comment chaque Comité Local peut contribuer à populariser les différentes alternatives concrètes existant sur son territoire  »), que lors de l’Université d’été, montrent qu’il existe une attente forte de mutualisation des initiatives des CL, ainsi que de rappeler le rôle «  politique  » d’Attac dans le fait de «  construire pour lutter contre le système  ». La richesse des débats nous permet d’affirmer combien la thématique des alternatives locales concrètes préoccupe et intéresse les altermondialistes, qui expriment le besoin d’échanger et mutualiser les expériences vécues sur leurs territoires respectifs, et souhaitent participer ainsi à l’émergence d’un «  autre monde  »...
La conclusion des ateliers de l’UE retenue par les participants a été «  on passe à l’action  !  ». Ce bilan est donc très positif quant à la diffusion des connaissances des alternatives locales concrètes.

• La question de l’eau
Attac fait partie du réseau européen Aquattac, concerné par la politique européenne dans le domaine de l’eau, et a des liens avec différentes associations d’usagers.e. de l’eau.
Attac a initié en 2017 une réflexion sur la transposition de la directive concession et son impact sur les services de l’eau et de l’assainissement, qui a donné lieu à un article dans la revue "les Possibles". Elle intervient dans des nombreuses conférences débat, que ce soit en France ou en Europe. Elle a organisé des ateliers lors de l’ESU, notamment sur la politique européenne en matière d’eau.

• L’enjeu féministe pour Attac
L’engagement altermondialiste de l’association s’enrichit d’une analyse globale pour penser et rendre réelle la société que nous voulons, plus égalitaire et émancipatrice. Ainsi, les travaux de la commission genre apportent une analyse transversale aux thématiques portées et débattues dans Attac  : politiques d’austérité, loi travail, revenu universel, laïcité, fiscalité, montée des droites et menaces sur les droits des femmes et enfin transition écologique, sociale et féministe. La Commission Genre est active dans les campagnes d’Attac et dans les diverses mobilisations sociales, écologiques et elle participe également aux mobilisations impulsées par les différentes composantes du mouvement féministe  : défense de l’avortement, manifestation contre les violences faites aux femmes, journée du 8 mars.
En 2017, elle a organisé un cycle de formation sur «  Le féminisme comme dimension transversale aux enjeux altermondialistes  » sur trois journées (janvier, mars et mai) portant sur plusieurs thématiques précises  : le féminisme, son histoire et les principaux débats qui le traversent avec des intervenant.e.s de la commission mais aussi de l’extérieur. Très apprécié, ce stage a permis de renforcer des liens avec des partenaires en dehors d’Attac et d’envisager d’autres formations avec eux.
La commission participe à des débats publics à l’invitation d’associations, ou de syndicats. A l’initiative d’un débat avec le CNDF (Collectif national pour les droits des femmes) et OLF (Osez le féminisme) sur le revenu universel, elle a contribué à la rédaction du document d’Attac sur ce sujet.
En 2017, la commission Genre a participé à l’UEE en co-organisant la plénière «  l’intersectionnalité des luttes  ; classe, genre, race et écologie  » ainsi que l’atelier «  Impact de la mondialisation sur les femmes  : femmes migrantes et emploi  », ce qui a permis de développer des collaborations à l’international, tout en renforçant le lien tissé avec des militant.e.s de comités locaux de différentes régions qui développent localement des groupes de travail "genre". La commission a contribué à publier des articles dans Lignes d’Attac et elle a organisé des réunions ouvertes à tou.te.s les adhérent.e.s (sur le revenu universel, sur les femmes migrantes et la gestation pour autrui), ainsi que des ateliers dans plusieurs CNCL (sur la marchandisation des corps, et sur les conséquences pour les femmes de la politique de Macron).

2.3. Lutter contre les multinationales, le libre échange, et les accords transatlantiques

La campagne contre le CETA a connu trois moments forts  : lors de la ratification par le Parlement européen (15 février), au moment de la publication du rapport de la commission d’évaluation du CETA ou commission « Schubert » (7 septembre) et lors du plan d’action gouvernemental «  pour la mise en œuvre du CETA  » (18 octobre).

Dans le cadre du collectif national «  Stop TAFTA-CETA  », des collectifs locaux affiliés et de ses structures propres (national et comités locaux), Attac a été un des éléments moteur de cette résistance. A l’occasion de ces jalons, nous avons participé, et souvent été à l’origine, de la production de la documentation, des interpellations de parlementaires, de la conférence de presse du 20 septembre suite à la commission Schubert, d’action de désobéissance civile ainsi que des actions de rue, notamment le 18 novembre et à Strasbourg devant le Parlement européen le 15 février.
En terme de production, Attac a notamment été à l’origine de la contre-expertise de la société civile sur le CETA et produit un document de démontage du plan d’action gouvernemental. Par ailleurs, Attac a rédigé le chapitre climat dans le rapport «  L’impact macro-économique du CETA et ses conséquences sur le climat, la santé, l’agriculture et l’emploi  » en septembre 2017
Attac a aussi impulsé des orientations stratégiques au sein du collectif national, notamment celle de réclamer un référendum de ratification, sous la forme du référendum d’initiative partagé, et celle de commencer à intégrer dans la campagne la nécessaire résistance aux traités similaires avec le Japon, le Mercosur et le Mexique (tout en gardant un œil sur les autres traités, TiSA et APE notamment) ainsi que celle contre le «  global ICS  » qui dispenserait la Commission et le Conseil européen d’avoir à l’avenir à passer par la ratification des états membres.
Attac a aussi animé une filière sur le libre-échange durant l’université d’été européenne des mouvements sociaux de Toulouse. Attac a aussi œuvré à animer le collectif national, notamment lors de la rencontre avec les collectifs locaux le 7 octobre.

2.4. Rompre avec le néolibéralisme, en France, en Europe et dans le monde

• TSPS  : un rôle actif dans la mobilisation contre la Loi Travail XXL
Anticipant la mise en œuvre de réformes sociales régressives quelque soit le résultat des élections, la commission alerte le CA dès le mois de mars, lui demandant d’ajouter l’espace «  Régression sociale  » aux espaces de lutte existants (Evasion fiscale, CETA et libre-échange, Ecologie- Nddl-emplois climat). Dès la mi juin, une lettre est envoyée aux adhérent.e.s pour les informer sur l’implication d’Attac dans les mobilisation contre la réforme du droit du travail : Pour un droit du travail protecteur des travailleuses et des travailleurs  !
En même temps, la décision est prise de constituer un groupe de personnes ressources et militant.e.s intéressés, doté d’une liste de discussion ("Loitravail2-mob").
De brèves réunions hebdomadaires de ce groupe sont alors organisées jusqu’à mi-juillet. Elles permettent la co-production d’analyses sur le fond avec les Economistes atterrés ainsi que la définition des stratégies  : soutien actif aux mobilisations qu’elles viennent des syndicats ou d’autres formes de lutte, participation aux initiatives unitaires tout en gardant une parole propre à Attac.
Entre juin et fin août, la production de matériel militant est importante  : tract 2 pages Libérer le travail  : oui, mais pas comme ça  !, message aux adhérent.e.s, et communiqués de presse. Fin juin, de courtes vidéos sont mises en ligne sur le site. Organisation fin juin/début juillet d’une interpellation des député.es par mails. Enfin, en juillet/août, est rédigé un petit guide pour une distribution à l’ESU  : " Guide contre les bobards de la Loi travail XXL ".

En lien avec la commission, un atelier est présenté à la CNCL du 24 juin, sur les atteintes - récentes et à venir - au droit du travail et aux prestations sociales.
A l’ESU, l’atelier  : Nouvelle attaque contre le droit du travail en France, quelles mobilisations  ? aborde les mobilisations prévues à la rentrée, celle du travailleur/travailleuse jetable (actions poubelle, autocollants ). A la suite, une lettre d’information est envoyée aux adhérent.e.s  : «  Et Macron créa le travail jetable  ».
Deux courtes saynètes rédigées et jouées par des militant.e.s du CL Paris 15 sont jouées sur le parcours des manifs.
Pour accompagner les manifestations organisées à la rentrée, des «  kits actions  » avec tracts et autocollants sont envoyés aux comités locaux, des tribunes et des tracts sont rédigés, ainsi qu’un "appel à action" pour inciter nos contacts à se mobiliser et à amplifier le mouvement.
La mobilisation n’a pas permis de faire reculer le gouvernement. Mais Attac a joué son rôle  : mobilisation des adhérent.e.s directement ou via les comités locaux, production d’analyses de fond et de matériel militant, éducation populaire.
Dans le même temps, un groupe " Revenus " s’est constitué au CA pour favoriser des convergences sur les questions de revenu au sein d’Attac. Il a choisi de profiter de la présence d’AC  ! au CA et du MNCP dans le collectif " Nos droits, vos privilèges " pour commencer par les questions de précarité. Il a rédigé une note pour le CA pour le débat sur le revenu universel en expliquant la revendication consensuelle, entre organisations de chômeurs, d’une " garantie de revenu ". Il a organisé à la CNCL de juin un double atelier traitant de l’impact des réformes de l’UNEDIC et des revendications des associations de chômeurs et de travailleurs migrants. A l’ESU, il a co-organisé avec le DAL, le MNCP, le DESC (Espagne) et la "Case" un atelier sur les mobilisations des organisations de précaires sur le logement, les droits des chômeurs et chômeuses en Espagne et en France et les droits des réfugié.e.s.

• Migrations
La commission Migrations a été relancée avec la préoccupation de s’ouvrir plus largement aux comités locaux et aux associations actives sur la question des migrations. Un autre objectif est de souligner la vocation d’Attac de mettre en avant la dimension géostratégique et politique de ces luttes. Il s’agit de contribuer à faire émerger un projet politique collectif de société alternative respectant les droits humains fondamentaux des migrant.e.s et intègre les migrations comme un atout pour tous les peuples.
La commission se réunit environ une fois par mois. Elle anime un blog, qui doit être un lieu de rencontres et d’échanges, ouvert aux comités locaux et collectifs désireux de partager toutes les informations utiles et d’échanger sur leurs expériences.
Elle a diffusé un "4 pages", participé à l’UE de Toulouse. Elle a soutenu l’action de la Roya Citoyenne, a participé aux travaux de collectifs locaux, à la mobilisation de NDDL. Elle a animé deux ateliers lors des CNCL, et a collaboré à différentes initiatives. Elle travaille en lien avec des associations, et des réseaux tels que Passeurs d’hospitalité et EHESS, a soutenu le festival Moussem et participé à la session du TPP (Tribunal permanent des peuples) en janvier dernier.
Elle a participé au lancement et aux travaux des États Généraux des Migrations, processus réunissant plusieurs centaines d’associations.
La commission a entrepris une réflexion, en lien avec le Conseil scientifique, sur la dimension politique, sociale, économique et géo-stratégique des migrations. Elle travaille à la réalisation de livrets militants grand public et d’un livre.

• International
Attac a participé aux mobilisations internationales telles que la rencontre des ministres des finances du G20 en mars 2017, le G20 de Hambourg (juillet), la mobilisation européenne pour le droit à l’avortement (septembre), la mobilisation à Genève pour un Traité contraignant sur les multinationales(octobre), le Contre-sommet des peuples à l’occasion de la conférence interministérielle de l’OMC à Buenos Aires en décembre. L’association poursuit sa participation à Alternatives systémiques, et au Conseil International du FSM.
Attac France poursuit sa participation au réseau des Attac d’Europe au rythme de deux réunions par an. Ces réunions sont des lieux de rencontre peremettant d’échanger sur les thématiques privilégiées des différents partenaires et d’envisager des campagnes communes.
Attac est par ailleurs impliquée dans plusieurs réseaux internationaux, comme l’Altersommet, Blockupy, le CEO, le TNI. L’université européenne des mouvements sociaux de Toulouse a été l’occasion de renforcer les liens et d’en créer de nouveaux avec d’autres composantes européennes, notamment les réseaux espagnols, pour ce qui concerne les "villes rebelles".

2.5. La démocratie et l’égalité au coeur de notre action

Attac est membre actif de collectifs, comme "stop état d’urgence" luttant contre l’état d’urgence et son inscription dans la loi ordinaire, et d’autres luttant contre les violences policières et la banalisation des actes racistes. A ce titre Attac était partie prenante de la Marche pour la Justice et la Dignité le 17 mars 2017
Par ailleurs Attac poursuit ses propres réflexions sur la mise en oeuvre d’outils démocratiques tels que le tirage au sort ou les conventions de citoyens.
Le Syndicat de la magistrature a animé un débat en CA sur le contenu et le sens de l’intégration dans la loi des mesures liées à l’état d’urgence.
Attac a soutenu les différents appels sur la répression des mouvements sociaux et des militant.e.s poursuivis pour leurs actions.

3- Attac  : développement, fonctionnement, renouvellement

3.1. Les adhésions

L’association compte aujourd’hui près de 10 000 adhérent.es mais nous faisons le constat que la progression des adhésions reste insuffisante et en décalage avec l’audience que nous mesurons, notamment par une progression importante des dons (des adhérent.e.s mais aussi d’un nombre important de personnes non adhérent.e.s), ainsi que par la visibilité de nos messages et actions sur les réseaux sociaux. Du côté des comités locaux, nous constatons que certains CL connaissent des difficultés dans les réadhésions et pour s’élargir à de nouveaux et nouvelles adhérent.e.s  ; d’autres, au contraire, continuent leur dévelop-pement, mais c’est sans doute à mettre en regard avec leur capacité d’initiatives localement.

3.2. La CNCL

L’année 2017 a été l’occasion de trois CNCL (février, juin, novembre). Ont participé au secrétariat les comités locaux de Marseille, de Mâcon, de Bourg-en-Bresse, d’Uzège, de Nîmes, d’Aix-en-Provence, de la Ciotat, de Savoie et de Haute-Savoie. Grâce à leur implication, ce sont presque vingt ateliers qui ont pu être organisés sur des thèmes très variés allant de la formation à l’action, aux GPII, en passant par la loi travail, énergies et climat, politiques migratoires... Les plénières ont aussi été des moments forts notamment lors des échanges avec les fondateurs : la CADAC, Politis, la FSU et Solidaires. La lutte contre les multiples traités de libre-échange en cours de négociation ou de ratification ou encore l’actualité des ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes et de Bure ont souvent été à l’ordre du jour, symbolisant ainsi les combats dans la durée de notre association. La CNCL demeure un moment important et nécessaire de l’association. Des réflexions sont actuellement en cours pour encourager les Comités locaux à proposer des ateliers et les simples adhérent.es à participer (mandaté.es ou non) mais aussi sur le lien entre la CNCL et les instances d’Attac  : bureau/CA, commissions et conseil scientifique.

3.3. CA et Bureau

Le CA se réunit toutes les six semaines environ, il traite les campagnes et engagements prioritaires de l’association en lien avec les commissions et a eu la volonté d’avoir des temps de réflexion de fond sans enjeu décisionnel immédiat. Une participation inégale et un manque de disponibilité d’une partie de ses membres affaiblissent la capacité collective à prendre en charge toutes les tâches dont Attac a la responsabilité.
Du côté des membres fondateurs, la situation reste difficile avec un nombre trop faible d’organisations représentées. Cette question devra être retravaillées d’ici l’AG élective de 2019 afin que ce collège des fondateurs soit réellement représentatif des organisations régulièrement partenaires de nos campagnes et que les fondateurs jouent aux côtés des CL et des adhérent.e.s leur rôle. Une réunion du collége des fondateurs devra être organisée en ce sens pour préparer l’AG de 2019 et viser à une meilleure implication de leur part pour le futur mandat.
Le bureau se réunit tous les lundi soir et à la responsabilité de la mise en oeuvre des décisions du CA et de ses priorités, de ses orientations. Il prépare les réunions de CA. Il fait le lien entre les priorités et les moyens de l’association, humains et financiers. Il a la responsabilité de répondre à l’actualité entre deux CA quand Attac est directement concernée comme avec les procès intentés par la BNP ou par Apple.

3.4. Le siège

L’équipe de salarié.es du siège fournit un travail individuel et collectif extrêmement important et décisif pour Attac. Tant pour la vie de l’association elle-même, que pour la mise en oeuvre des campagnes, des événements, leur contenu et leur réalisation, leur communication, l’association doit beaucoup à ses salarié.e.s... Toute l’équipe travaille trop souvent en surcharge et si elle est au service de l’association, elle pallie trop souvent les insuffisances d’investissement du CA. Des réunions régulières entre l’équipe et deux représentantes du CA ont lieu tous les mois  : elles permettent de traiter les questions des salarié.e.s, les difficultés et d’alerter le bureau si besoin.

3.5. Le Conseil scientifique

Au cours de l’année 2017, le Conseil scientifique ou des groupes de travail sous son égide ont participé aux activités suivantes  :
–  Élaboration de trois sessions d’une journée de formation sur la monnaie, animées par quatre membres du Conseil scientifique et deux personnalités extérieures.
–  Élaboration de trois sessions d’une journée de formation en lien avec la Commission Genre sur le genre.
–  Participation à la tenue de l’Université européenne d’été.
–  Écriture à la demande du Conseil d’administration d’une note pédagogique sur le revenu d’existence universel.
–  Publication du livre Par ici la sortie, Cette crise qui n’en finit pas.
–  Publication du livre Toujours plus pour les riches, Manifeste pour une fiscalité juste.

Le Conseil scientifique a tenu ses cinq séances plénières de l’année sur les thèmes suivants  :
–  Discussion de la note sur le revenu d’existence universel.
–  Discussion sur la militarisation des sociétés. - Discussion du livre Par ici la sortie.
–  Discussion d’une note sur l’énergie préparée par un groupe de travail d’Attac.
–  Discussion sur le travail à partir du dossier des Possibles.

Parallèlement au Conseil scientifique, la revue Les Possibles a publié au cours de l’année 2017 quatre numéros avec des dossiers consacrés à :
–  N° 12 : La droitisation des politiques
–  N° 13 : Militarisation et contrôle social
–  N° 14 : Le travail (dans le cadre de la lutte contre les ordonnances Macron)
–  N° 15 : Nationalités et frontières
Il faut noter que, lors de chaque séance du Conseil scientifique, la réunion fut ouverte à des personnalités extérieures. Sans doute, l’élargissement des contributions pratiqué au sein de la revue Les Possibles a commencé à rendre réelle cette ouverture du Conseil scientifique souhaitée depuis longtemps.

3.6. L’Université d’été

La 4è édition de l’Université d’été européenne des mouvements sociaux qui s’est tenue du 23 au 27 août 2017 à Toulouse a été un grand succès. L’objectif de dépasser les 1000 participant.e.s a été largement atteint puisque ce sont 1650 inscrit.e.s payant qui ont participé à l’évènement auquel il faut ajouter les intervenant.e.s, interprètes, bénévoles, soit près de 2000 participant.e.s au total. La dimension inter-associative a été particulièrement importante avec près d’une centaine d’activités co-organisées non seulement par les Attac d’Europe mais également par d’autres acteurs du mouvement social et de solidarité. La complémentarité entre plénières, ateliers thématiques, temps de formation à l’action et activités conviviales et festives a été très apprécié.
L’évènement a été une réussite du point de vue de l’implication des plus jeunes puisque plus de 120 18-25 ans y ont participé. Cette Université d’été a touché un public bien au-delà des adhérent.e.s d’Attac car 55 % des inscrit.e.s n’étaient pas membres d’Attac. En terme de répartition géographique, la grande majorité des participant.e.s venaient de toute la France (74 % des participant.e.s, dont 20 % du département de Haute-Garonne), près de 10 % d’Allemagne, les autres principaux pays étant l’Espagne, le Royaume-Uni et la Belgique.
L’objectif de faire de cette Université d’été un événement non exclusif à Attac a été atteint également car de nombreuses autres organisations se sont réellement impliquées dans l’organisation et l’animation des séminaires, ateliers, activités hors les murs et du village associatif.
Grâce à la forte implication des comités locaux d’Attac à Toulouse et dans la région et au travail des salarié.e.s de l’association, le bilan en matière logistique est excellent.
L’Europe était à l’honneur avec une plénière qui était consacrée à cette question ainsi que plus d’une dizaine d’activités, ateliers et séminaires. Les thèmes des banques, de la finance et du libre- échange, au cœur des activités de l’ensemble des Attac d’Europe ont également été très présents et ont permis à la fois de former les participant.e.s et de construire les mobilisations à venir à l’échelle européenne. La question des alternatives (locales et systémiques) et celle des enjeux écologiques n’étaient pas en reste. Mais la réussite de l’évènement tient également à la diversité des thèmes abordés du fait de la mobilisation d’acteurs au-delà d’Attac suite à l’appel à activités que nous avions largement diffusé : précarité, santé, politiques agricoles, éducation, relations entre mouvements sociaux et partis politiques, démocratie, solidarité internationale, intersectionnalité, genre,... Un bémol  : le format de la plénière de clôture n’était pas adapté aux attentes des participant.e.s après une journée déjà très chargée.
Suite à ce grand succès pour les Attac d’Europe, Attac Allemagne a annoncé entamer des discussions internes concernant l’organisation de la prochaine Université d’été européenne des mouvements sociaux (à priori en 2019). Cette rencontre a également permis d’élargir et renforcer les dynamiques de campagnes(CETA/TAFTA, emplois-climat, TTF,...) et de lancer le projet européen «  2018  : 10 ans de la crise  ». Enfin, le CA d’Attac France a décidé que la prochaine Université d’été en 2018 sera également une université d’été «  des mouvements sociaux  » qui sera co-construite avec un ensemble de partenaires à l’échelle française et des invités européens et internationaux.

4- Perspectives en 2018 : Attac a 20 ans

20 ans après sa création, suite au succès de l’Université d’Attac 2017 et au dynamisme de certaines campagnes ces deux dernières années (COP 21, mobilisation contre la loi travail, faucheurs de chaises et campagne contre l’évasion fiscale de multinationales comme Apple…), Attac attire à nouveau de nombreux/euses sympathisant.e.s. Pour autant le fait que nos adhésions aient tendance à stagner démontre que la sympathie envers Attac ne conduit pas automatiquement à l’engagement en son sein. Nous devons faire de nos 20 ans en 2018 l’année du renforcement de nos différents espaces d’implication et favoriser l’investissement à tous les niveaux de l’association.

4.1. L’expertise tournée vers l’action

Attac depuis 20 ans fait de l’expertise au service de l’action un de ses fondamentaux. Le développement d’actions de désobéissance civile adossées à de sérieuses analyses l’a démontré ces dernières années. 2018 sera une année riche en production d’analyses (trois livres prévus, le premier de bilan sur l’année de Macron, le second sur les 10 ans de la crise, le troisième sur les 20 ans d’Attac) et en campagnes, notamment suite au procès d’Apple et à l’occasion des 10 ans de la crise. Au delà des actions de désobéissance civile, bien ancrées aujourd’hui dans notre association, des nombreuses initiatives publiques (débats, conférences...) portées par les CL, nous devons ouvrir une réflexion quant à l’intérêt pour Attac de s’approprier d’autres modes d’intervention dans l’espace public, d’autres outils d’éducation populaire, pour construire les résistances à la stratégie de choc qu’incarne la politique d’Emmanuel Macron.

4.2. Attac, une association vivante

L’audience importante que connait Attac ces derniers mois doit se traduire dans l’année à venir par un engagement pérenne plus important. Cela implique un travail à tous les niveaux de notre association pour assurer le renouvellement militant, favoriser les adhésions, relancer ou construire des comités locaux dans les villes ou départements où Attac n’existe plus. Nous devons également développer nos réponses aux attentes diverses suscitées par Attac, pour que chacun.e trouve sa place dans notre association, que ce soit dans le travail d’expertise citoyenne, dans la volonté d’agir via des alternatives concrètes, la participation aux actions de désobéissance civile, le développement des comités locaux.
Ainsi, notre activité de formation, qu’elle soit locale ou nationale doit être davantage soutenue. Des week-ends régionaux pourraient être organisés, et un catalogue de formation mis à disposition des comités locaux doit être prêt pour septembre 2018.
L’enjeu de renouvellement est fort pour favoriser le développement d’Attac. Il s’agit pour une association d’éducation populaire comme la notre de favoriser les prises de responsabilité et de multiplier le nombre de militant.e.s en capacité d’intervenir sur les différentes thématiques. C’est dans cet esprit qu’est prévu un week-end national proposé aux nouveaux adhérent.e.s en mars 2018.
La vie démocratique au sein d’Attac est un enjeu important visant à mettre en cohérence nos pratiques actuelles et l’idée d’un autre monde... En ce sens, une réflexion sur la mise en oeuvre de pratiques de tirage au sort au sein de l’association devra être impulsée par le CA.

4.3. Définir nos engagements en lien avec les moyens humains, organisationnels et financiers de l’association

L’objectif du renforcement militant doit prendre en compte les moyens financiers et humains limités de notre association. La multiplication des campagnes et thèmes d’intervention peut conduire à une surcharge et de mauvaises conditions de travail pour les salarié.e.s d’Attac. Nous devons veiller à ne pas multiplier les activités reposant sur le siège et l’équipe salariée au risque de créer en notre sein une intensification du travail que nous dénonçons par ailleurs. Nous devons donc étudier toutes les possibilités financières permettant de renforcer l’équipe salariée (favoriser la hausse des adhésions, campagne de dons, contributions des CL), mais également renforcer l’activité bénévole au sein d’Attac afin de porter au mieux les différentes campagnes sans faire appel au siège, notamment en renforçant les groupes de travail nationaux. Il faut rappeler qu’Attac est une association basée sur l’engagement militant.
Or, le fonctionnement au niveau national d’Attac France peut apparaître confus pour un.e nouvel.le adhérent.e ou militant.e. Un travail est engagé par le CA pour rendre plus lisible notre fonctionnement et les différents espaces de travail, afin de faciliter l’engagement de nouveaux et nouvelles adhérent.e.s. Ce travail doit se poursuivre au cours des prochains mois. Enfin, nous devons être capable de définir ensemble des priorités pour Attac. C’est un des enjeux de l’AG élective de 2019.

4.4. Banques Finances, Ecologie et Société, Libre échange, International , Travail Santé et Protection Sociale : les axes structurants de notre intervention en 2018

L’année 2018 s’est ouverte pour Attac par deux procès inédits, contre la BNP et Apple. Sur le front de la justice fiscale, Attac poursuivra son combat contre les pratiques frauduleuses des multinationales et la complicité des politiques, en continuant notamment les actions contre Apple et les grandes banques et en mobilisant à l’occasion du procès de Nicole Briend.
Suite à l’abandon du projet d’aéroport de NDDL, nous avons également participé à l’aboutissement victorieux de plusieurs années de lutte. Le combat contre les GPII doit se poursuivre, la perspective défendue par les différentes composantes de la ZAD sera également un enjeu majeur de cette année, tout comme notre investissement pour construire un mouvement pour la justice environnementale, climatique et sociale.
Il nous faudra enfin intensifier la lutte contre le CETA au moment où nous connaîtrons la date du vote de ce traité à l’Assemblée nationale, fin 2018, et poursuivre plus largement la dénonciation des accords de libre-échange.
Enfin, le gouvernement Macron poursuit ses attaques tout azimut contre notre modèle social : services publics attaqués, assurance chômage et retraites dans l’œil du cyclone libéral, ce qui accroit les inégalités et pénalise les plus précaires, notamment les femmes. Attac doit suivre ces dossiers, en contribuant aux mobilisations via ses analyses et outils de décryptages et en apportant un soutien actif aux mobilisations.
Enfin, l’université d’été des mouvements sociaux, initiée par Attac, sera une étape importante pour poursuivre la construction de mobilisations communes et donner de la visibilité aux mouvements sociaux, dans une période où il doivent pouvoir jouer tout leur rôle.

4.5. Préparer l’AG élective de 2019 : renouvellement, fonctionnement, développement, articulation adhésions et soutiens, nouvelle dynamique...

L’AG élective en 2019 doit être un moment fort de notre vie démocratique, permettant au delà du renouvellement du CA de définir les priorités d’Attac pour les 3 années suivantes. Nous devons également en profiter pour définir le rôle, la place, les responsabilités d’Attac 20 ans après sa création.