Résolutions soumises aux votes des adhérent.e.s
Voici l’ensemble des résolutions soumises au vote. Vous pouvez retrouver touts les résolutions proposées sur cette page
R3. Migrations : élargir notre analyse des politiques migratoires néolibérales, développer notre convergence avec les mouvements d’émancipation.
Deux exemples.
L’objectif 5 du Pacte de Marakech intitulé « Faire en sorte que les filières de migration régulière soient accessibles et plus souples » : le terme « main-d’œuvre » y apparaît 8 fois en une page et demie, illustrant quelle doit être la finalité bien comprise des « migrations sûres, ordonnées et régulières ».
En raison de ses bas salaires et de la qualification de sa main-d’œuvre, la Pologne accueille une grand nombre d’entreprises délocalisées, notamment d’Europe de l’Ouest ; avec l’adhésion à l’Union européenne, une partie de la main-d’œuvre polonaise a émigré, notamment vers l’ouest de l’Europe, à la recherche de meilleurs salaires ; la Pologne importe une main-d’œuvre immigrée, principalement ukrainienne, à hauteur de plusieurs centaines de milliers de nouveaux permis de travail chaque année.
Il y a donc une politique de gestion des migrations au service de l’économie néo-libérale, visant à rendre disponible la main-d’œuvre selon les conditions les plus avantageuses selon les lieux, qui favorise, contrôle ou empêche certains mouvements, permet, limite ou interdit l’accès aux droits (on pense par exemple à la place des sans-papiers dans l’économie). Cette gestion des corps fait partie intégrante de l’économie néo-libérale.
Il convient donc qu’Attac élargisse son approche des migrations à l’analyse d’ensemble de ces politiques migratoires néolibérales, et à la convergence avec les mouvements visant à s’en émanciper. Ce travail, par essence, trouvera sa place dans un réseau dépassant les frontières nationales. Philippe Wannesson
Réponse proposée au CA : Mise au vote
R4. S’investir dans la reconquête des services publics, la richesse de ceux qui « ne sont rien »
Santé, éducation, transports, énergie, eau, …, ces services publics nous sont vitaux tout au long de notre vie. Ils doivent être présents sur tout le territoire et assurés par des agents publics. Pourtant ils sont menacés pour des raisons budgétaires (suppression de postes et de missions), pour satisfaire l’appétit de groupes privés (privatisation, ppp), et par le recours au tout numérique, excluant des millions de personnes.
La liste est longue des secteurs concernés : fermeture des hôpitaux et des maternités de proximité, déserts médicaux, la poste, le transport, l’Éducation, la formation, l’énergie, l’eau….
Même au niveau financier, il devient difficile d’assurer les transactions courantes. La Poste a longtemps joué ce rôle dans les coins les plus reculés, mais les réformes successives ont mis à mal le service public postal. Pourtant un pôle bancaire public est indispensable.
Les innombrables luttes et mobilisations, menées sur l’ensemble du territoire, traduisent cette exigence de services publics parce qu’ils permettent l’accès aux droits et sont vecteurs d’égalité. Ils sont nécessaires à la vie des femmes et des hommes de nos communes qu’elles soient rurales, urbaines ou de banlieue.
L’ambition de la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics, exprimée à sa dernière AG, est d’impulser et de soutenir avec les citoyennes, les citoyens, les personnels, les élu-e-s, les organisations et l’ensemble des collectifs, un mouvement de reconquête de nos services publics.
Pour cela, au niveau local les militants Attac et les comités locaux doivent soutenir et s’engager au maximum dans tous les collectifs de défense des services publics de proximité.
Au niveau national, Attac doit continuer à s’impliquer dans la Convergence Nationale.
Les services publics restent la première alternative au néolibéralisme ! René Delalande
Réponse proposée au CA : Mise au vote
avec proposition de réécriture suivante pour la fin :
Pour cela, Attac France doit encourager au niveau local les militants Attac et les comités locaux à soutenir ou s’engager dans tous les collectifs de défense des services publics de proximité. Au niveau national, Attac continue à s’impliquer dans la Convergence Nationale. Les services publics restent la première alternative au néolibéralisme !
R7. Décroitre
« Le choix est donc clair : ou bien (...) poursuivre l’expansion exponentielle qui mène le système global jusqu’aux limites de la Terre et à l’effondrement final, ou bien (...) commencer progressivement la transition vers l’état d’équilibre. » (Rapport "Meadows" sur les limites à la croissance, M.I.T, 1972. )
50 ans après nous nous sommes bien approchés des « limites de la Terre » : dérèglement climatique, épuisement des ressources, dégradation des sols et eaux, chute de la biodiversité, explosion de la démographie… Ne nous reste-t-il plus qu’à attendre passivement « l’effondrement final » ? Ou n’est-il pas enfin temps de décroître ?
Décroître, c’est d’abord changer de dogme : la croissance du PIB ne permet pas de mieux le partager, au contraire : en 2019, les 1 % les plus riches possèdent plus du double de la richesse cumulée de 6,9 milliards de personnes.
Décroître c’est nous libérer des désirs toujours nouveaux que suscite la publicité et dont la satisfaction justifiela croissance. Et ce conditionnement nous frappe tous, même les plus misérables dans les pays pauvres…
Décroître, c’est enlever le pouvoir à la finance, à l’industrie, à la grande distribution qui tirent profit de lacroissance, et à leurs valets que sont devenus nos dirigeants politiques.
Décroître, c’est créer de nouvelles solidarités, locales et internationales, pour la satisfaction des besoins fondamentaux de tous, dans un esprit de partage et de coopération (et non plus de compétition) en se contentant des ressources naturelles renouvelables.
La décroissance unifie nos luttes sociales, économiques et environnementales, mais par où commencer ?
Une campagne d’éducation populaire pour prendre conscience de notre addiction à la croissance pourrait être un premier pas, en s’appuyant sur des gestes forts (actions anti-pub, boycott…) contre les fauteurs de croissance (GAFA, Banques, Supermarchés…) et des engagements positifs ( recyclage, circuits courts…).
Jacques Cambon
renvoi pour décision au CA, position commission non unanime : renvoi pour décision au CA : 3 ; soumise au vote : 4 ; refus : 4
- proposition déjà intégrée dans le rapport d’orientation 2019 2022. Rappel au CA et aux espaces de travail d’intégrer le sujet quand c’est possible.
Position du CA
L’idée est d’accentuer les analyses et les campagnes sur la question de la décroissance. Attac n’a pas de position arrêtée sur la décroissance. La résolution propose une campagne d’éducation populaire. La question fait débat dans l’association et la résolution aurait toute sa place à l’AG. Toutefois, un amendement au rapport d’orientation abordait déjà la question et proposait de poursuivre la réflexion dans l’association. La proposition de résolution n’ajoute rien vis-à-vis du rapport d’orientation mais il n’y a aucune raison de la refuser.
Vote : 11 pour ; 4 contre ; 1 abstention
la résolution sera soumise au vote des adhérent.e.s
R11. Contre la corruption de l’oligarchie néolibérale
Pour un système démocratique éthique et transparent
La corruption est au cœur des inégalités socio-économiques. Les « affaires » politico-financières s’accumulent et l’extrême droite profite de l’indignation populaire à l’égard des élus impliqués, au nom du slogan réducteur « tous pourris ». Les sondages corroborent cette indignation mais le laxisme prédomine.
La loi de 2018 relative à la protection du secret des affaires pose la question de la protection des journalistes, des lanceurs d’alertes ; dans les faits, elle renforce l’opacité ambiante.
Une corruption systémique fait primer les profits privés sur le bien commun, en toute impunité. Elle accentue les maux dont souffre notre société. Conflits d’intérêt, pantouflages, fusions privé-public, lobbyings se banalisent, s’appuyant sur un système de délégation de pouvoirs qui est détourné, assujettit le citoyen et fait payer ces malversations à la collectivité.
Le citoyen doit être éclairé pour prendre la pleine mesure du phénomène de la corruption, de ses effets, afin de mieux réagir. La réactivité du mouvement social est indispensable pour compléter les alertes de contre-pouvoirs citoyens (Anticor, Transparency International, Mediapart…), insuffisants actuellement pour changer la donne.
Pour appuyer la défense de ses propres valeurs, aux côtés d’organisations et médias spécialisés, Attac pourrait être catalyseur pour dénoncer les connivences entre la sphère politique et la sphère économique, et promouvoir éthique et transparence.
Proposition d’actions :
– Renforcement des campagnes en cours, en associant systématiquement la composante de la corruption oligarchique,
– Développement d’un argumentaire dans l’objectif d’une éducation du citoyen, pour le responsabiliser et le mobiliser,
– Propositions en matière législative et juridique pour une éthique et une transparence de la vie publique, clés d’une démocratie réelle. Raymond Bonomo
Réponse proposée au CA : Mise au vote
R14. Alerte sur la récurrence des demandes de dons aux Comités locaux : Flechage des dons, reflexions sur les liens avec les CL et sur le perimetre des actions
Très régulièrement, les Comités Locaux sont sollicités par le CA Attac France pour apporter leur soutien financier à la réalisation de campagnes ou la tenue d’événements (ex : Universités d’été), qui montrent le dynamisme de notre association et la force de ses actions. Cela assure sa visibilité, plus d’apparitions des porte-parole dans les médias et de nouvelles adhésions.
Mais la récurrence de ces demandes ne nous semble pas une stratégie pérenne, et ses CAUSES nous paraissent être :
– La multiplicité des campagnes et actions d’Attac,
– Le manque d’adhérents, que reflète le manque d’argent.
Cette récurrence a aussi des CONSEQUENCES :
– Apporter son soutien financier au CA signifie pour un CL se priver d’une part de sa quote-part sur les adhésions. Si la somme n’est pas exorbitante, elle est fondamentale pour l’action locale, faire connaître notre association, assurer une présence régulière et recruter de nouveaux adhérents. La décision de réduire les moyens locaux n’est donc jamais évidente.
– Multiplier les campagnes conduit sur le terrain à l’essoufflement et au découragement face au décalage entre la faiblesse des forces et le nombre des fronts à couvrir. Cela questionne adhérents ou sympathisants qui expriment régulièrement un sentiment d’éparpillement de nos campagnes qui brouille nos messages.
PROPOSITIONS
– Les demandes de soutien financier aux CL par le CA doivent être systématiquement fléchés sur un projet ou un besoin précis. En cas de projets multiples, un CL doit pouvoir indiquer à quelle action il affecte son don, ce qui montrerait quelles sont les priorités pour la base.
– Les liens avec CL ne peuvent se réduire à ces sollicitations, ensemble nous devons les repenser et les renforcer.
– La stagnation autour de 10 000 adhérents depuis plusieurs années doit être analysée et après vingt ans d’existence, le périmètre du champ d’actions d’Attac et son objet d’éducation populaire doivent être interrogés. Il nous faut conduire une réflexion démocratique sur ce que sont, en 2020, nos fondamentaux, autour desquels recentrer l’action et définir messages et stratégies clairs, notamment vis-à-vis des jeunes adhérents et sympathisants.
Thérèse Villame
Réponse proposée au CA : répondre sur la partie Dons des CL par le groupe budget
et renvoi au CA pour la partie multiplicité des campagnes et la réflexion sur nos fondamentaux.
Décision du CA : résolution soumise au vote des adhérent.e.s
R16. Palestine : renforcer notre participation à la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS)
1. Avec le soutien de Trump et de son pseudo-plan de paix, le gouvernement israélien poursuit sa politique d’apartheid et d’épuration ethnique par annexions, blocus, judaïsation de territoires.
La loi sur « l’État nation du peuple juif », dans la logique du projet sioniste, fait des Palestiniens des étrangers sur leur propre sol.
2. L’Union européenne maintient à Israël son statut de partenaire privilégié, refuse d’appliquer le droit international en n’interdisant pas l’importation des produits des colonies, mais fait un geste en en demandant l’étiquetage.
La question de Palestine est emblématique de l’impuissance de l’ONU à faire respecter ses propres principes quand les grandes puissances s’y opposent.
Le voyage du Président Macron en Israël et le communiqué du MAE sur le plan Trump montre un alignement insupportable.
4. Le peuple palestinien continue de résister ; nous pouvons lui apporter un soutien sous des formes variées : soutien direct à des formes de résistance économique, jumelages, exigence que nos gouvernants cessent le soutien inconditionnel à cet État.
5. La lutte contre l’antisémitisme est toujours nécessaire comme contre toutes les formes de racisme. Le chantage à l’antisémitisme orchestré par un lobby sioniste doit être dénoncé. Le vote de la résolution Maillard vise à délégitimer la critique des structures d’apartheid que l’État israélien se donne, et voudrait faire croire à l’illégalité de l’appel au Boycott.
6. La campagne BDS est l’arme non-violente et antiraciste lancée par l’ensemble de la société civile palestinienne pour mettre fin à l’impunité d’Israël. Elle concerne directement la paix dans le monde, la survie du droit international et le « vivre ensemble » là-bas et ici.
C’est l’exemple d’une campagne d’éducation populaire qui permet d’impliquer les citoyens dans des actions symboliques, dans l’esprit de la désobéissance civile (même si, rappelons le, la campagne BDS n’est pas illégale). Attac peut et doit renforcer sa participation.
André Rosevègue
Réponse proposée au CA : Mise au vote
avec proposition de réécriture de la fin : Attac doit poursuivre sa participation.
R17. Pour la participation d’Attac à une coordination nationale anti-répression
Depuis l’instauration de l’état d’urgence et d’une législation liberticide au motif de la « guerre contre le terrorisme », des milliers d’habitants des quartiers populaires, de Gilets jaunes, de manifestants comme Geneviève Legay ont subi une répression d’État d’une ampleur historique : violences policières responsables de mutilations et de morts, condamnations judiciaires et administratives lourdes, désinformations médiatiques.
L’emploi d’armes létales, peu ou pas utilisées dans l’UE, a fait en vain l’objet de condamnations par le Défenseur des Droits et la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, par le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’ONU.
Cette dérive autoritaire est le seul moyen qui reste à un gouvernement aux mains de la finance internationale et de son oligarchie pour imposer une destruction accélérée de notre modèle social. Cette politique de « maintien de l’ordre », menée sous un prétexte sécuritaire, ne peut que favoriser la montée de l’extrême-droite. A ce titre, résister sur les seuls fronts social et écologique ne peut suffire.
Attac a légitimité à contribuer à l’organisation d’une campagne unitaire qui articule la reconquête du modèle social hérité du CNR et la défense des libertés publiques.
Il est urgent de constituer une coordination nationale anti-répression et d’organiser des États généraux qui mettent en oeuvre une stratégie de retour à un état de droit et d’instauration d’un véritable système démocratique. En saisissant les instances internationales des droits de l’homme, en mettant en place des moyens locaux de résistance tels que les Observatoires des libertés publiques, en soutenant financièrement et juridiquement les victimes de cette répression, en imposant l’abrogation des lois liberticides et l’interdiction des armes mutilantes, enfin en renforçant nos liens avec les peuples en lutte contre le néolibéralisme et ses dérives autoritaires. Martine Boudet
Réponse proposée au CA : A soumettre au vote avec reformulation ci-dessous approuvée par la rédactrice
Nouvelle rédaction approuvée par la rédactrice
Depuis l’instauration de l’état d’urgence et d’une législation liberticide au motif de la « guerre contre le terrorisme », des milliers d’habitants des quartiers populaires, de Gilets jaunes, de manifestants comme Geneviève Legay ont subi une répression d’État d’une ampleur historique : violences policières responsables de mutilations et de morts, condamnations judiciaires et administratives lourdes, désinformations médiatiques.
L’emploi d’armes létales, peu ou pas utilisées dans l’UE, a fait en vain l’objet de condamnations par le Défenseur des Droits et la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, par le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’ONU.
Cette dérive autoritaire est le seul moyen qui reste à un gouvernement aux mains de la finance internationale et de son oligarchie pour imposer une destruction accélérée de notre modèle social. Cette politique de « maintien de l’ordre », menée sous un prétexte sécuritaire, ne peut que favoriser la montée de l’extrême-droite. A ce titre, résister sur les seuls fronts social et écologique ne peut suffire.
Attac a déjà participé à des initiatives contre la répression et contre les violences policières (journée Résistons à l’autoritarisme en mai 2019, rencontres organisées par le CRID, appel d’universitaires...). Par ailleurs l’espace de travail Démocratie a fourni des analyses à ce sujet.
Si Attac ne peut pas nécessairement jouer un rôle pivot dans ces initiatives, l’association poursuivra cependant dans cette voie et contribuera autant que faire se peut aux initiatives en insistant sur la nécessité de forger l’unité la plus large face à l’autoritarisme néolibéral."
Vie interne d’Attac
Espace ressource pour les adhérent