Compte-rendu du Conseil d’administration du samedi 24 mai 2014
- Présentes : Verveine Angeli (Union syndicale Solidaires), Marc Brunet, Vincent Bruyère, Hélène Cabioc’h (AITEC), Thomas Coutrot, Daniel Hofnung, Gérard Jouve (Solidaires Finances publiques), Abdessalam Kleiche, Yannick Lacroix, Marion Lafon, Catherine Lebrun (Union syndicale Solidaires), Frédéric Lemaire, Rozenn Perrot, Annie Pourre (DAL), Daniel Rallet (FSU), Daniel Rome, Olivier Tétard, Hervé Thomas.
- Personnes excusées : Martine Boudet, Mélanie Venet (Amis de la Terre).
- Invitées : Christophe Bonneuil (commission « Écologie & société »), Maxime Combes, Marine de Haas (salariée du siège), Jeanne Planche (salariée du siège).
1. Validation du CR du 26 avril
Le compte-rendu du CA du 26 avril est adopté.
Le DAL demande une modification du compte-rendu du CA du 22 mars. Annie fait une proposition.
2. Points d’info
2.1. Bilan de la CNCL et de l’AG
Introduction par Hervé Thomas.
Le principe d’une CNCL et d’une AG décentralisées en 2015 doivent être validés, pour trouver des candidats (30-31 mai).
Bilan de l’AG 2014 : environ 150 participants ; prévoir un plan de travail du CA sur la mise en œuvre des résolutions.
Participation importante (29 %) mais sur base trop réduite (en mai, seul ⅓ des adhérents sont à jour de cotisation) ; le groupe d’amélioration de la démocratie va travailler la chose. On s’est privé de 200 votes d’adhérents non à jour de cotisations (décision de la commission électorale conforme au règlement intérieur). Faut-il retenir les adhérents de l’année civile précédente ou des douze derniers mois ? Le groupe de travail sur la démocratisation proposera au prochain CA un texte validant la décision.
2.2. Forum Glières « Pour aller vers de Nouveaux Jours Heureux » le 31 mai
Introduction par Marc Brunet.
Débat sur le texte proposé par Marc Brunet autour du Forum Travail et échanges commerciaux pour son intervention au forum « Pour aller vers de Nouveaux Jours Heureux » qui aura lieu le 31 mai sur le plateau des Glières. La démarche qui sera présentée doit se situer dans un cadre de coopération internationaliste et ne peut en rester à une approche exclusivement française.
2.3. Divers
- Brésil / coupe du Monde de Football : les amendements proposés par Attac France ont été adoptés. Une conférence de presse se tiendra le 10 juin et sera suivie par un rassemblement devant l’ambassade ambassade du Brésil le 12 juin. Un match de foot internationaliste est prévu pour fin juin.
- Action « Requins » à Jersey à l’automne : John Christensen (du réseau « Tax Justice Network ») n’est plus disponible les 2 et 3 octobre. La date des 12 et 13 septembre est retenue. Attac France voit avec la plateforme paradis fiscaux et judiciaires pour trouver des intervenants.
3. Discussion « anthropocène »
Introduction par Christophe Bonneuil et Geneviève Azam.
Christophe Bonneuil (membre de la commission « Écologie et Société ») est historien des sciences au CNRS et animateur du groupe « naturalistes en lutte » (contre-expertise citoyenne qui travaille sur Notre-Dame-des-Landes ; http://naturalistesenlutte.overblog.com/).
L’anthropocène (« l’âge de l’être humain ») est une proposition de géologues consistant à définir une nouvelle période géologique commençant avec la révolution industrielle, puisque l’humain est devenu une force géologique à l’image du soleil ou de la tectonique des plaques. Les conséquence de l’humain sont notamment l’augmentation du CO2, l’impact sur la biodiversité, le cycle humain de l’azote 2 fois plus important que le cycle naturel, 90 % de la photosynthèse qui intervient dans des zones humanisées, etc. L’holocène (époque géologique actuelle) correspond à une stabilisation durable des températures et a permis l’émergence de la civilisation ; on entre maintenant dans l’inconnu. La rapidité du changement ne permet pas d’adaptation anthropologique (évolutionnisme).
Trois révolutions épistémologiques :
- notre représentation du monde (division nature / culture, sciences humaines / sociales, écologie / économie…) ;
- gestion technologique de la nature (dépossession des populations locales, privatisation des biens communs au nom de « rendement soutenu maximum » — ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable) ;
- liberté – égalité à repenser dans un monde fini, en intégrant la question des flux de matière et d’énergie (« carbon democracy »).
Comment repenser le capitalisme financier à partir des métabolismes matériels qu’il mobilise (exemple des métaux rares ou lithium utilisés dans les nouvelles technologies) ? Il faut connecter la grille d’analyse marxiste (échange inégal, pillage du Sud, etc.) avec l’écologie (« échange écologique inégal » = pas heures de travail mais produits agricoles, matières premières, énergie, entropie, dictatures = externalisation de l’instabilité politique …). La vision technocratique est dangereuse car dépolitisée : humanité homogène (« occidentalocène » ?). La fatalité géologique implique l’impuissance ou le refuge dans l’expertise. Le courant post-environnementaliste est ultralibéral.
John Kerry a récemment dit que le changement climatique était une arme de destruction massive. Ceci deviendra-t-il une justification des prochaines guerres ?
Il faut réhabiliter l’action collective démocratique locale, tenir le local et le global.
Discussion :
- Il faut revisiter notre histoire sociale : communs, luttes écologiques populaires invisibilisées (E. P. Thompson : réhabiliter des mouvements condamnés comme « archaïques »par le marxisme orthodoxe). Il faut « déringardiser » et se réapproprier les traditions anti-productivistes, la nostalgie romantique du passé peut être une prise contre le « bougisme ». Les archaïques sont les extracteurs de gaz de schistes. La nostalgie est importante : l’histoire est une source d’inspiration. Les leçons du passé sont importantes, sans idéalisation (« socialisme » productiviste). Il le faut pas de table rase : le capitalisme a produit des changements irréversibles.
- On observe un recul du mouvement syndical sur l’analyse du capitalisme en lien avec les questions écologiques. C’est l’état du monde tel qu’il est qui détruit les acquis sociaux, pas l’écologie.
- Quelle base sociale pour une sortie progressiste ? Avant-garde bobo écolo occidentale ? Masses pauvres du Sud revendiquant accès égal au droit à polluer (paysans philippins à la COP 21) ?
- Attac doit populariser le concept d’anthropocène. Il est proposé d’organiser un atelier sur ce sujet lors d’une CNCL et à l’ESU. L’anthropocène renouvelle le débat sur la science et la démocratie. Ce débat est important pour la mobilisation autour de la COP 21. La transformation sociale passe aussi par la mobilisation des savoirs.
- Un des rôles important pour Attac est reconstruire un récit qui fait sens au-delà des expériences locales. Ces expériences locales sont insuffisantes en soi mais permettent des apprentissages fondamentaux pour enclencher des dynamiques globales.
- Appropriation financière du vivant et des molécules (génétique) = crée une vulnérabilité gigantesque (instabilité financière = crise écologique). Nous assistons à la sécession d’une partie (riche) de l’humanité par rapport aux équilibres « naturels » ;
4. COP 21 : création coalition COP 21 et prochaines échéances
Introduction par Geneviève Azam et Jeanne Panche.
Rappel : la COP 21, conférence « Paris Climat 2015 », se tiendra en décembre 2015 sur le site Paris-le Bourget.
Actualité de la mobilisation :
- une large coalition française se met en place pour la mobilisation sur la COP 21 ;
- un troisième séminaire se tiendra le 19 juin (après ceux organisés par le CRID / Attac / RAC en janvier et avril) ;
- l’ESU sera aussi l’occasion de rencontre avec les différents mouvements ;
- une réunion avec les adhérents d’Île-de-France aura lieu début septembre pour commencer à travailler sur l’action d’Attac à la COP ;
- une session de formation de militants est prévue à Paris ;
- le prochain Forum social mondial de Tunis sera un moment important de construction de la coalition internationale
- il existe par ailleurs un groupe informel « stratégie climat » initié par Bizi !/Alternatiba.
Les deux semaines que dureront la COP 21 à Paris-Le Bourget ne doivent pas être un « FSM climat » (ce sera le but de la dynamique Alternatiba ancrée dans des luttes locales-globales), mais un moment de création d’espaces pour faire le lien entre négociations inter-étatiques et mobilisations sociales et surtout décider de stratégies d’actions. Une manifestation aura lieu en fin de sommet (faire dérailler la routine des échecs) pour lancer un mouvement de masse mondial. Cette mobilisation doit être liée à la campagne TAFTA. Il faut prendre aussi en compte la Coalition climat / Développement (Françoise Kiefé y représente Attac).
Calendrier :
- 5-6 juillet : espace climat climat à Notre-Dame-des-Landes.
- 22 septembre : pour éviter l’échec de Copenhague, un sommet de chefs d’État se tiendra à New-York, à l’appel de Ban Ki-moon (« climate smart agriculture »). Ce sera l’occasion d’une mobilisation des mouvements états-uniens.
- 4-7 novembre : « pré-COP » sociale à Caracas (seul État intéressé à discuter avec les mouvements sociaux avant la COP).
- décembre : « Sommet des peuples » à Lima durant la COP 20.
La coordination des Alternatiba d’Europe travaille à préparer des « actions non violentes déterminées » notamment à l’occasion de la COP20.
Débat :
- Pour le DAL, Attac n’a rien à faire à l’intérieur de l’espace de négociation. Par ailleurs la mobilisation doit se construire au FSM de Tunis et non à Caracas.
- Il est proposé d’organiser différents débats, pour notamment construire une pensée collective et de prévoir deux grandes réunions publiques à Paris et en région pour lancer la dynamique (les salles doivent être réservées rapidement). Faut-il appeler à la tenue de rassemblement locaux partout dans le monde dans la mesure où tout le monde ne pourra pas venir à Paris ? Pour prendre en compte les enjeux sociaux une rencontre aura lieu en janvier entre Climate jobs (Royaume unis, Afrique du Sud, USA, Norvège, CSI) et écolos radicaux. Naomi Klein publie un nouveau livre en septembre aux États-Unis et au printemps 2015 en France et il est proposé d’organiser une tournée avec elle.
- Il faut éclaircir la stratégie pour les composantes d’Attac : il s’agit de construire non pas un « espace de radicalité » mais « un espace de radicalisation ». La présence d’Attac au Bourget est jugée indispensable pour peser sur le lieu politique de visibilité du pouvoir global. La plupart des ONG ne croient plus pouvoir faire bouger les virgules — comme à Copenhague — mais veulent pouvoir démontrer les blocages et les rendre publics.
- Il faudra qu’Attac lance une interpellation du gouvernement français autour de la TTF fonds vert, de TAFTA, des Requins, etc.
5. ESU
Introduction par Hélène Cabioc’h, Frédéric Lemaire et Marine de Haas.
Programme, ateliers et séminaires
Des contraintes de salles et de traducteurs obligent à limiter le nombre à 80 le nombre d’ateliers et à 12 ou 13 séminaires. Les propositions collectives sont favorisées. Le processus de consolidation de prise de contacts, de confirmation, de propositions de fusion est en cours. Il est demandé à ce que la commission alternatives dispose d’un séminaire.
Présentation du budget renvoi au dossier du CA
Concernant le Conseil régional d’Île-de-France, on attend le retour du groupe Front de Gauche au sujet de notre demande de subvention. D’ici la fin de la semaine prochaine, une lettre signée par l’ensemble des membres Fondateurs sera envoyée au président Huchon.
6. TAFTA : bilan 15 et 17 mai et suites
Introduction par Hélène Cabioc’h et Daniel Rallet.
Actions décentralisées du 17 mai
Actions européennes du 17 mai dans plusieurs pays. Plusieurs sujets ont été abordés dont TAFTA, avec des groupes qui ont des méthodes et moyens d’action différents, sur un mode festif.
Manifestation européenne du 15 mai à Bruxelles
À l’appel du collectif D19-20 et collectif belge Alter Sommet. Beaucoup de belges présents. Une voiture de français est allée à Bruxelles. La manifestation était modeste, avec environ 1000 personnes, dont le tiers a été arrêté : la répression a surpris les participants par son ampleur et sa brutalité. Il y a avait une diversité des secteurs de la société civile : paysans, étudiants, syndicalistes.
TAFTA : le cycle de négociations cette semaine aux États-Unis. Le TAFTA est au cœur de la campagne européenne. On observe une offensive du gouvernement Français pour « dédramatiser » le TAFTA. Le mandat de négociation n’est toujours pas public.
Un débat à l’Assemblée Nationale aura lieu cette semaine. La résolution TAFTA présentée au vote par s’est transformée en la position du gouvernement, donc n’a pas été votée. Fleur Pellerin s’est opposée à ce que l’Assemblée Nationale soit consultée dans tous les cas.
Matériel
En face l’argumentaire des pro-TAFTA se développe autour de questions concrètes : pommes et poires… robes de mariées… Faut-il prévoir un contre-argumentaire précis ? Le matériel pour l’instant à disposition : badges (« bibi plus fort que les lobbys », « TAFTA gueule à la récré », etc.), petits guides, formations, etc.
Prochaines étapes
La question sera abordée à la prochaine réunion du collectif national « Stop TAFTA », mercredi :
- Journée décentralisée d’action TAFTA en octobre.
- mobilisation autour de l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) – pétitions ?
- Premier semestre 2015 manifestation nationale ? (manifestations européennes à Strasbourg, Barcelone, et autres…).
- Discuter contenu d’un appel « nous sommes hors TAFTA ». Proposition de mandater le groupe de travail TAFTA pour trouver un contenu à un possible appel à soumettre au collectif.
- Argumentaire / contre-argumentaire désintoxication sur le site du collectif ?
- 50 collectifs locaux, une trentaine d’évènements à venir, 22 collectivités hors TAFTA. Sur le terrain la mobilisation prend.
Autres suggestions
- Vidéos dans les tuyaux – Attac Allemagne – quid ?
- Pour les manifs et initiatives, il faut tenter de coller à des cycles de négociations… ce qui n’est pas facile car ils annoncés en retard. Un évènement Global Fracking est déjà prévu le 11 octobre, ce qui pourrait être une bonne date pour la journée d’action.
- Journée d’action transatlantique (quelle date ?)
- Réunion publique Attac à la fin de l’année sur TAFTA multinationales et démocratie
7. Discussion sur les suites du 12 avril (réunion le 21), appel LDH
Introduction par Annie Pourre et Catherine Lebrun.
Appel LDH-Ligue de l’enseignement « pour un avenir solidaire »
L’appel « pour un avenir solidaire » a été signé largement (et par Attac) mais repose pour l’instant sur une faible dynamique militante. Un vade mecum a été rédigé pour les militants locaux des organisations. Proposition : informer les comité locaux de l’existence de ce texte, et qu’ils pourront être contactés pour la création de collectifs locaux.
21 juin
Attac participera à la réunion publique du 21 juin à la bourse du Travail. Nous pourrons notamment intervenir sur la nécessité de préserver la dynamique citoyenne de la campagne unitaire TAFTA.
Vie interne d’Attac
Espace ressource pour les adhérent