Compte-rendu du Conseil d’administration du 1er décembre 2018

– ODJ et compte-rendu du CA précédent : validés
– Points divers : néant

1 - Présentation tableau bord

Outil de travail mis en place pour le bureau et utile pour le CA pour suivre les activités.
Il existe des espace de travail commun transversaux entre certains espaces (ex : PANA) : il faudrait pouvoir les faire apparaître.

2 - Retour dernière CNCL

La participation était bonne. Des frustrations légitimes se sont exprimées liées à une impression de manque de communication entre le national et les comités locaux. Ce qui est en partie dû à l’annulation de deux CNCL consécutives en 2018.
L’envie de discours donnant les grandes orientations de l’association par un.e ou plusieurs porte-parole semble se faire jour.
Bon travail en ateliers.
Besoin de temps de débats en pleinière qui soient animés et présentés par les CL.

3 – Débat Europe

Présentation par Alexis Cukier des enjeux politiques et des stratégies.

Présentation d’un travail engagé avec divers réseaux européens (dont CADTM) intitulé Recommons Europe qui devrait être finalisé début 2019 : il s’agit d’un projet de manifeste qui pourrait être utile dans tous les espaces militants européens.
Risque d’un débat au moment des élections européennes qui soit déconnecté des vrais problèmes vécus par la majorité de la population.
Depuis 2015, le contexte européen : accroissement de la domination des économies du centre sur les périphéries (Europe du sud, Europe de l’est).
Ce qui se passe partout : austérité, démantèlement droit du travail et des services publics…
Toutes les réformes dans les pays ont un lien avec les politiques européennes (ex : augmentation des frais d’inscriptions / en lien avec le processus de Bologne).
Logique de financiarisation accélérée des pays du sud au profit des pays dominants en Europe.
Accélération des politiques anti-migrants avec déploiement de Frontex partout, et qui font reposer sur les pays du sud les conséquences de ces politiques.
Caractère anti démocratique se développe partout avec montée de la répression : en Catalogne,en Italie…
Malgré des débats importants ces dernières années, on va avoir un retour à un débat biaisé à l’occasion de la séquence des élections européennes : soit réforme des institutions qui n’est pas crédible (pas de prérogatives du parlement possible, pas de volonté politique) soit tentation de repli national (plan A, plan B)… qui vise à seulement capter des voix.
Il faudrait plutôt se situer sur un positionnement de fond pour aborder les enjeux européens : s’appuyer sur la défense des droits fondamentaux, s’appuyer sur les initiatives de désobéissance qui existent déjà et les mettre en réseau.
En terme de stratégie : besoin de désobéissance et de rupture avec les institutions européennes, et dans le même temps, proposer de construire des alliances à tous les niveaux, des coopérations qui sortent de la légitimité des institutions européennes… Renforcer les réseaux de municipalités rebelles, ou les initiatives locales d’accueil des migrant.es, revitaliser les réseaux des mvts sociaux européens (Altersommet par exemple)…
Travailler à une intensification de campagnes et de fronts permanents ; ne pas laisser l’espace politique aux seuls enjeux électoralistes.
Pour aller dans ce sens :
– coordonner les désobéissances , construire une plate forme permanente des désobéissances qui existent déjà : dette, accueil migrants,accords libre échange… Avec une déclarations commune : « nous n’acceptons pas les politiques européennes du point de vue des droits fondamentaux que nous défendons ».
– besoin de confrontation systématique avec les institutions européennes : délégitimer les traités, et proposer des alternatives (monnaies alternatives par ex), et cela à tous les échelons territoriaux : municipales, législatives…
– parler de rupture avec tous les niveaux institutionnels où c’est nécessaire en laissant ouvertes toutes les options : l’essentiel est que ce soit à partir des droits fondamentaux, dans un processus démocratique…
– initier les processus constituants : aller vers des alliances durables de mouvements citoyens, de municipalités rebelles… pour un processus constituant rebelle. Organiser des cahiers de doléances dans le territoires et poser des formes d’institutions alternatives.
Des propositions pour interpeller les espaces militants :
– travail d’éducation populaire militant.
– continuer de débattre des événements de ces dernières années : Grèce, répression en Catalogne, Brexit…
– discuter des outils juridiques alternatifs ;
– faire connaître les réseaux existants : municipalités rebelles, forums du PGE, Altersommet...
En 2019 : proposition à toutes les forces qui partagent ces objectifs de prendre des positions communes sur les institutions antidémocratiques
– s’appuyer et renforcer Altersommet (Attac est concernée) et les mouvements sociaux.
– se saisir de la période des élections européennes pour lancer des campagnes sur des questions qui existent déjà mais qui ne sont pas mises en avant notamment dans les séquences électorales.

Débat :
– notion de désobéissance : difficile d’être entendu au niveau européen. Par exemple : sur la question du contrôle de la finance, certains cadres d’alliance au niveau européen sont moins radicaux.
– question de la domination du centre sur la périphérie : sur la question de la finance, de la dette, des investissements des pays dominants sur les pays de la périphérie
– quelle articulation du livre en préparation d’Attac avec le Manifeste en préparation ?
Difficultés pour les expériences municipales : c’est d’abord les mesures budgétaires nationales qui contraignent les politiques municipales.
Désobéir par exemple c’est refuser les importations nuisibles à la santé.
Des directives européennes sur une question précise peuvent sembler plus intéressantes que les politiques nationales dans leur contenu mais elles sont souvent affaiblies par les politiques d’austérité.
Besoin d’un travail précis pour situer les responsabilités.
Reprendre un travail sur la question des périphéries et cette nouvelle forme d’impérialisme du centre vers le sud et l’est.
Analyser la séquence après 2015 : crise politique au sein des différents pays ; Les élites européennes n’arrivent plus à imposer leur politique libérales d’austérité et elles instrumentalisent la question migratoire.
les réseaux qui existent et agissent sont très segmentés.
Besoin d’articuler tous les niveaux : national, local, européen. Municipalisme est positif mais se heurte aux législations et politiques nationales, voire européennes…
La question de l’évasion fiscale, des multinationales, des GAFA est importante à poser au niveau européen.
Pays du centre et pays de la périphérie : relations de domination mais aussi à l’intérieur des pays du centre : besoin de construire des alliances entre les populations des divers pays attaqués, que ce soit dans la périphérie ou le centre de l’Europe.
– se positionner « à gauche » peut nous couper de certains réseaux (ex : les monnaies locales) qui ne se situent pas sur cette référence.

Propositions issues des réflexions du bureau
Mettre en place une équipe de mobilisation à partir d’UE Mob pour tenter de faire entendre Attac dans le débat dans les mois qui viennent.
– Projet de livre : doit être finalisé d’ici fin décembre pour publication fin février.
– Proposition de monter, à l’occasion des élections européennes, un « parti européen des multinationales et des lobbys » pour montrer la nocivité de leurs propositions et actions. Besoin d’innover dans la façon d’interpeller et d’intervenir dans le débat.
– Refuser les deux positions : soutien au libéralisme européen ou nationalismes anti- migrants
– Besoin de réaffirmer notre position : liberté de circulation et d’ installation.
– S’impliquer davantage dans l’Altersommet.
– Enjeu de faire fonctionner le réseau des Attac d’Europe
– Attention au « populisme de gauche » qui peut dériver vers un certain nationalisme.
– Evolution des courants de droite et d’extreme droite : la ligne dominante est une Europe des peuples ethnicisée.
– Ne pas confondre l’Europe et l’UE
– Sortir du faux débat : rester ou sortir UE. Il faut se focaliser sur nos objectifs et nos combats pour les droits.
– Préciser la notion de désobéissance : donner du corps à cette désobéissance.
– Réunion Attac Europe en janvier : quel mandat d’Attac France ? Quelles propositions issues du CA ? Le livret de Global Justice Now sur liberté d’installation et de circulation pourrait être traduit et repris par Attac France.
– Intégrer dans toutes nos campagnes l’aspect UE / enjeux européens
– besoin d’éducation populaire permanente sur ce qu’est l’UE : groupe de travail, avec des fiches, en en vue de formation : la réalité des institutions, les politiques actuelles
– Altersummit : une expérience interessante , la coordination européenne des « livreurs »
– Importance de la collaboration d’Attac (et des Attac d’Europe) avec les réseaux tel que l’Altersumit (prochaine AG en février 2019). C’est un espace utile pour faire connaître les réalités des mvts sociaux dans les différents pays.
– Besoin d’une cartographie des réseaux européens de lutte

Eléments de réponses d’Alexis :
– Désobéissance : cela part des initiatives existantes et des désobéissances concrètes. Travail à faure pour cartographier de ce qui existe.
– Redire que les institutions sont illégitimes, qui ne sont pas démocratiques et ne partent pas des droits des peuples.
– Crise politique dans l’UE à relativiser : renforcement de la centralisation de l’UE, après les élections, cela va s’accélérer (sur la base d’une légitimité donnée par les prochaines élections) avec la mise en place d’une armée européenne par exemple.
– Le manifeste « Recommons Europe » : un outil commun qui peut être utile à tous les mvts sociaux.
– Reprendre le travail de façon durable au sein d’Attac sur ces enjeux.
– Attac : rôle décisif sur l’éducation populaire sur ces enjeux.
– Faire le lien entre activités/ campagnes et lien avec UE , enjeux européens. Et en lien avec les réseaux et les luttes qui existent, et les alternatives.
– Aucune organisation ne porte clairement de stratégie sur les enjeux européens.

4. Campagne ISDS

Les droits pour les peuples, pour tous et toutes et pas pour les multinationales : la base de notre positionnement.
Pas uniquement en lien avec la séquence des élections européennes.
Besoin d’un droit contraignant sur les multinationales contre leurs droits exorbitants.
Besoin d’outils populaires/ grand public.
Démarrage de la campagne au moment de Davos fin janvier.
Implication des réseaux plus militants en avril et à l’automne 2019.
Campagnes libre échange : des moments forts qui retombent.
Il faudra préciser le degré d’investissement d’Attac dans cette campagne.
Suivi par Hélène, Maxime et l’espace de travail « libre-échange ».

Propositions :
- ISDS : droits pour les peuples / des règles contraignantes pour les multinationales.
– Besoin d’un groupe de campagne transversal : priorité pour 2019 pour le premier semestre.
– Ne pas séparer le fond, nos analyses, et nos campagnes et mobilisations ;
– Besoin d’un petit groupe de coordination .
– Le livre Attac / Copernic sur les enjux européens : quelques points en débat, vérifier comment on exprime des points de vue « ouverts » ;
– Travail à long terme : UE des mouvements sociaux européens en 2021.
– Outils d’éducation pop : des fiches, diffuser du matériel issus des Attac d’Europe, de l’Altersommet, des journées de formation, webinaires...
– Campagne ISDS / traités contraignants : besoin d’outils qui parlent au grand public.
– « Parti européen des multinationales / European lobby party » : peut parler à des personnes autres que celles que l’on touche actuellement ; mandat donné au groupe de travail pour proposer un plan d’action précis avec les moyens nécessaires que cela supposerait avant de trancher définitivement cette proposition.

5 - Conseil scientifique

Adapter le CS à ce qu’est Attac aujourd’hui, à l’évolution d’Attac et à l’organisation qui se met en place (les espaces de travail prioritaires).
Le CS doit répondre aux demandes du CA, des espaces, des CL, des publications.
Des discussions ont eu lieu pendant l’UE et depuis pour cette réorganisation du CS.
Proposition d’une équipe d’animation élargie d’une dizaine de personnes : renouvellement générationnel, renouvellement dans les disciplines représentées.
Il s’agit aussi de mieux s’appuyer sur les personnes qui ont contribué à nos publications depuis des années, notamment Les Possibles.
Maintenir la liste de la discussion large.
Créer une liste de travail des personnes les plus impliquées.
Des idées : une journée annuelle sur un sujet ; des séminaires ; un travail avec l’espace formation… Solliciter largement des personnes « ressources ».
Discussion au sein du CS actuel en janvier. Mise en place à partir de fin janvier.
Réorganisation rendu publique au sein d’Attac lors des Assises de Février.
CS : instrument très important pour Attac de lutte idéologique et politique face à nos adversaires.
L’équipe d’animation renouvelée en cours de constitution est décisive pour cette réorganisation du CS.
La préparation des UE doit être intégrée dans le travail du CS.
Voir la possibilité d’utiliser les outils informatiques pour partager les débats du CS.
Travailler sur les partenariats possibles avec d’autres espaces de publications « de gauche » avec qui nous partageons beaucoup de réflexions.
Le lien avec la commission formation est important.

6 - Tirage au sort du groupe amendements

Groupe de travail de 15 personnes : 5 membres du CA et 10 adhérent.e.s.
Tirage au sort des adhérent.es : 5 + 2 (réserves) femmes ; 5 + 2 (réserves) hommes

7 - Budget 2018

Un déficit important avait été annoncé au dernier CA. Les prévisions étaient ambitieuses. On avait prévu 270 000 euros de dons.
Le déficit sera finalement de 56 000 euros fin 2018. Mais il y a des bonnes nouvelles : nous avons déjà atteint 9500 adhérent.e.s et 210 000 euros de dons. Tous les dons collectés au mois de décembre viendront diminuer le déficit.
Les CL peuvent eux-même faire des dons à Attac France si leur trésorerie le leur permet.
La demande au fonds FDVA n’a pas été obtenue.
128 adhésions ont été récoltées au moment de la campagne « 20 ans, 20 euros ».
Il faudra privilégier les options prudentes lors du prochain budget.
On ne pourra pas se permettre un déficit en 2019. On devrait même prévoir une reconstitution de réserves.

8 - Situation politique – Gilets jaunes et 8 décembre

La position du bureau a évolué. Et ce n’est pas propre à Attac. Il y a trois semaines, nous étions prudent.e.s/méfiant.e.s/défiant.e.s. Une tribune a été publiée dans Le Monde disant qu’il fallait peser au sein de ce mouvement, qu’il ne fallait pas le laisser à l’extrême droite et « se boucher le nez ». Les positions syndicales ont également beaucoup évolué.
Il y a des velléités de jonctions avec les lycéen.nes par exemple, parfois au niveau local. Plusieurs départements ou villes sont engagés dans une démarche unitaire. Chez les CL, trois positions : attentisme, dialogue, participation. La sortie d’un tract Attac a été source de satisfaction.
Peut-on envisager de faire des tracts déclinés, vis-à-vis des facs, des voisin.e.s...
Il est nécessaire de prendre position : va-t-on plus loin dans l’appel à dialogue voire participation dans le mouvement ? En prenant ainsi exemple sur les CL déjà dans une démarche unitaire. Il faudrait faire des alliances avec des personnes qui maîtrisent les réseaux sociaux.
Fait-on la jonction avec les gilets jaunes le 8 décembre ou pas ?
À l’origine, Attac a soutenu le 8 septembre ainsi que le 13 octobre. Nous soutenons le 8 décembre. Le parcours a été décidé par Alternatiba et non pas par les réseaux. Attac est partenaire mais pas organisateur. Les gilets jaunes se seront pas loin de la manifestation s’ils sont sur les Champs Elysées. Un texte de positionnement a été envoyé aux CL. Côté purement Attac, on fait en sorte qu’Attac soit présent et visible.
Il faut porter nos positions en tant qu’Attac dans les deux mobilisations. Tout le monde ne s’y reconnaîtra pas mais peu importe.
Pour le 8, un texte proposé par Attac a été signé par 60 organisations. Il va être diffusé largement dans les médias lundi. Il faut qu’il y ait des gilets jaunes à la marche.
Il faut éviter à tout prix qu’il y ait deux manifestations car celle qui passera en arrière plan sera sans doute la marche pour le climat. Se dégage une forme de consensus interorganisationnel en faveur de la participation des gilets jaunes (sous condition d’adhésion au consensus d’action).
La situation peut évoluer très rapidement. On ne peut pas prédire quelle sera la configuration dans deux jours. Une intersyndicale nationale est appelée cette semaine.
Nos CL sont une grande force d’appui s’ils sont offensifs localement. Et il faut créer un suivi du mouvement (une « cellule de crise » par exemple, à laquelle le groupe PANA pourrait participer).
Il y a matière à aller plus loin en termes d’actions de désobéissance. Pour passer aux actions de masse par exemple.
Dans le 44, un mouvement unitaire s’est construit dès la mi-novembre.
Les gilets jaunes sont une force politique mouvante mais politique tout de même. C’est un mouvement par le bas dans lequel on ne peut rentrer que par le bas. Ce que nous pouvons apporter en tant qu’Attac, c’est le lien entre l’écologie et le social.

9 – Campagne Livret développement durable et solidaire - LDDS

Un kit a été envoyé aux CL. Un kit grand public a également été élaboré. Des formations par webinaire ont été faites et sont prévues. La lettre envoyée à toutes les banques a été publiée. On demande qu’on nous garantisse que les euros du LDDS aillent à des projets non nuisibles pour le climat. Les réponses vont être publiées (elles sont indigentes).
Les suites envisagées (après bilan des actions des deux semaines à venir) sont l’interpellation de l’ensemble des parlementaires car nous réclamons un changement de réglementation.

Validé : des réunions hebdomadaires avec les CL, l’espace EcoSoc et les fondateurs vont être proposées. Ce n’est pas un espace ouvert aux individus mais aux mandaté.e.s par leurs CL pour parler du sujet.
Un message doit être envoyé aux 80 000 sympathisant.e.s.

10 - Répartition des tâches

Il faut trouver un moyen d’associer les CL ou au moins de les tenir informés de notre calendrier pour les 6 prochains mois. Mais seuls le CA et le bureau seraient habilités à modifier le tableau.
Le tableau pourrait être doublé d’un document agenda des communications. Pour éviter les envois pléthoriques, qui limitent l’ouverture des courriels et sont chronophages pour les salarié.e.s. En somme, il y a un besoin d’adapter les outils de travail aux activités de l’association (multidisciplinaire).
Validé : l’envoi d’un message aux CL avec la présentation du calendrier qui sera partagé.