Atelier 6 : « Pub = TVA bis = Autre prélèvement obligatoire ? »
Points « saillants »
En tant que client on paie pour de la publicité, du sponsoring que l’on ne choisit pas, dont on ne connaît pas la part dans les biens (produits ou services) que l’on achète (coût caché).
=> on devrait exiger un droit à l’information en demandant d’avoir une transparence sur cette part de la pub dans le montant total (revendication qui pourrait être portée par Attac ?)
(lien possible avec la démarche de la « Marque du consommateur » qui donne le détail des coût des produits).
De plus, il faut se méfier du gratuit ; tel que
- les journaux de la presse papier (et aussi internet) gratuite qui posent la question de l’indépendance de la presse (en fait garantie seulement pour les médias qui n’ont pas du tout recours à la pub) ;
- également les moteurs de recherche sur le internet et les fournisseurs d’adresse de messagerie (Google) qui en fait se font leur revenu en vendant nos données personnelles sans notre accord (marché).
- ou encore la fourniture de vélo en libre-services fournis aux municipalités en échange d’espace de panneaux publicité aux bornes et abris-bus (contrat 30-50 ans)
Il a été rappelé que la publicité constitue aussi une pollution visuelle intrusive, environnementale (supports papiers, énergies des panneaux illuminés) ; mais aussi une pollution mentale (via détournement d’expression, de slogans ; cf. « temps de cerveau disponible »)
Besoin d’éduquer les consommateurs sur thématique de la publicité en générale
=> déjà combattu par les associations/collectifs anti-pub
On a un peu relativisé aussi :
- Tout professionnel a besoin de se faire connaître . => mais on pourrait imaginer que cette information se trouve dans des endroits dédiés.
- Parfois la pub permet de réaliser des projets associatifs (sociaux, environnementaux, etc.) => mais attention les entreprises se donnent souvent bonne conscience via les fondations et parfois aussi s’en servent pour éviter de payer des impôts.
Objectif pour la suite = constituer un groupe de travail sur la thématique
=> reformulation des termes du débat : Pub = dépense inutile imposée (ou racket organisé), car en fait le consommateur paie pour sa manipulation
=> un travail à faire pour estimer le part du coût de la publicité dans les prix payés
=> revendiquer le droit à l’information sur ces coûts
=> Comment peut-on lutter contre ? La pub semble inhérente à la société marchande. Donc quelles alternatives / autres modèles économiques imaginable ?
Rappel de la présentation de l'atelier
Pour les fabricants et les commerçants, la publicité est un moyen de promotion. La pratique, dite du sponsoring, leur permet de « subventionner » nombre d’activités, tels des médias « gratuits » (télévision, radio, journaux…), des épreuves sportives ou des actions culturelles qui sont, en tout ou partie, financés par ce moyen.
Gratuits, vraiment ? En fait l’argent consacré à ces « subventions » provient du chiffre d’affaire des annonceurs, fruit de la somme de nos achats. Le coût de la publicité, intégré dans le prix des produits ainsi promus, est exclusivement supporté par le consommateur : en achetant sa crème à raser, ses yaourts ou sa voiture, il finance de la télé.
En est-il vraiment conscient ? Pour quel montant ? Comment ? Pour quel résultat ?
Si, en tant que contribuable, il sait ou peut théoriquement savoir ce qu’il paie et ce qu’il advient de ses deniers affectés aux finances publiques, dont par exemple
la TVA, qu’en est-il du coût et du devenir de sa « contribution » dédiée à la pub et au sponsoring ? Car, dans ce cas, il n’y a ni filtre, ni contrôle. Et, quid du résultat, au sens de « retour sur investissement » ?
Côté environnement, la « productivité » d’une pub, à des milliers d’€/mn, diffusée par une chaîne de télé « gratuite » dont les médiocres programmes ne sont regardés par personne, ou presque, est-elle meilleure que celle des prospectus publicitaires
directement détruits ? A l’instar des pubs qui gavent nos boites à lettres et partent au recyclage, le plus souvent sans avoir été lus, quid du temps perdu, de l’électricité consommée à ce titre en pure perte et de l’usure prématurée de nos téléviseurs pour visionner ce gaspillage ?
Notre avis est-il sollicité et quels sont nos recours si, par exemple, nous désapprouvons notre banquier, assureur ou supermarché s’il sponsorise une coûteuse participation d’un voilier à une course autour du Monde ?
Changer de commerçant ? A quoi bon, puisque tous, plus ou moins, se livrent aux mêmes pratiques.
Dans ces conditions, ne peut-on pas apparenter la pub à une « TVA bis » alimentant un « système fiscal parallèle », car non contrôlé ?
Or, si oui, pourquoi serions-nous plus pointilleux sur l’usage fait de nos impôts et autres « prélèvements obligatoires » que nous ne le sommes sur ce qui est « obligatoirement prélevé » à notre insu dans notre poche, pour être ainsi dépensé ?
Les effets de la pub sont aussi d’ordre économique, social et…« fiscal ».
Non prise en compte par nos « experts » qu’en serait-il si cette « TVA bis » était comptabilisée ?
Enfin, sans nier les effets d’internet, les rares médias libres et indépendants, car indemnes de toute publicité ne souffrent-ils pas de concurrence déloyale de la part des journaux subventionnés par la « TVA bis » ?
Qui, après s’être vu offrir un journal « gratuit », formaté au goût des annonceurs, achète encore un « vrai » journal, libre de parole et indépendant économiquement ?
La crise de la presse écrite ne trouve-t-elle pas, là, une explication ?
Seul contributeur à un système qui lui échappe, le citoyen-consommateur à droit à une clarification sur l’usage arbitraire fait de ses deniers et sur ce qu’il reçoit en retour, de manière trompeusement « gratuite ».
Le président J.F. Kennedy avait énoncé quatre droits fondamentaux des consommateurs : « droits à l’information, à la sécurité, à être entendu, de choisir. »
Pourquoi pas nous ?
A cette fin, faisons ces petites suggestions :
- Pour informer, inscrire sur les produits « gratuits » la mention : « Ce produit coûte x € et vous l’avez financé lors de vos achats ».
- Pour pouvoir choisir et être entendu : identifier par un logo les produits non sponsorisés.
- A l’instar d’une « écotaxe » ou « taxe Tobin », surtaxer le sponsoring et, en compensation, minorer les prélèvements obligatoires. La démocratie et l’environnement ne s’en porteraient que mieux.
A l’instar d’une « écotaxe » ou « taxe Tobin », surtaxer le sponsoring et, en compensation, minorer les prélèvements obligatoires. La démocratie et l’environnement ne s’en porteraient que mieux.
La meilleure publicité est gratuite : c’est celle que fait le consommateur satisfait, par sa fidélité au produit et ses avis pertinents adressés à son entourage. Sans ou avec peu de pub, nombre de produits traversent le temps : seule leur qualité exemplaire (réponse à un besoin pertinent) l’explique !
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