Enquêter sur les multinationales – Produire des argumentaires militants

1. Présentation des objectifs de l’atelier

– Outre le temps que nécessitent indéniablement des recherches pour produire du matériel militant...
– Normaliser ces recherches :
– C’est-à-dire ne pas s’autocensurer du fait de l’absence de connaissances préalables ;
– Se sentir légitime à produire de la connaissance soi-même ;
– Une fois cela fait, rendre efficace ses recherches
– Aller vers une autonomie locale et une synergie entre productions locales et diffusion nationale

2. Premier temps : Temps de réflexion collective (en binômes)

Matériel militant : quels supports et quels contenus ?
Résumé de ce temps en 3 points :
• Adapter le support au public ciblé
• Mettre à profit les sources journalistiques, lorsqu’elles sont de qualité
• Utiliser les listes de diffusion d’Attac pour partager du matériel militant adaptable

Concernant les supports, il peut s’agir de tracts, de rapports, d’affichess, d’autocollants, de diapos, de films/messages radio... Une chose paraît essentielle : il faut cibler le type de public et adapter le support à celui-ci.
Des exemples de supports inadaptés sont donnés : les tracts trop denses et austères, sur lesquels il manque des visuels. Il faut adapter le langage à son interlocuteur/trice, ce qui n’est pas forcément facile.
Nuance au point précédent : les multinationales sont le fond de commerce d’Attac. De ce point de vue, le matériel d’Attac est le meilleur. Il est difficile de simplifier les termes économiques parfois. À ce jour, les petits guides sont bien faits et expliquent bien l’économie néolibérale. Le petit guide sur les multinationales est peut-être un peu complexe. On ne les distribue que suite à un premier travail de sensibilisation orale.
Les chiffres fonctionnent davantage que les mots comme en témoigne le billet de 80 milliards d’euros (montant annuel estimé de l’évasion fiscale). Il faut un support clair, rapide et précis.
Localement, on est plus pertinents si l’on parle d’une entreprise connue sur le territoire. Les informations des journalistes sont bien car elles sont souvent déjà synthétisées, mises à la portée de leurs lecteurs : Basta, Médiapart, Le Monde Diplomatique, Reporterre... Mais, il ne faut pas lire que des articles de journaux de son bord.
En interne, nous avons aussi des compétences, de ce point de vue, les listes de discussion sont un bon support.
Enquêter sur les multinationales, c’est aussi enquêter sur les associations de multinationales.
Certains comités locaux font des synthèses des argumentaires produits par Attac et les adaptent localement en enquêtant sur l’implantation locale de multinationales. Cela demande du temps mais c’est aussi une formation personnelle. Attac Nîmes fait tourner un tract produit et distribué localement (cf. annexe).
Il faut réussir à faire le lien entre différents niveaux de pouvoir, de façon à les relier aux expériences personnelles et individuelles.
Quand on produit un argumentaire, s’il s’agit d’un rapport de plus de dix pages, il est important de rédiger un résumé de celui-ci.

3. Deuxième temps : Retours d’expérience

Laurence fait partie de l’espace finance-banques depuis longtemps et a travaillé sur quelques rapports. Elle a participé à un atelier organisé par l’Observatoire des multinationales (leur site est une mine d’informations : https://multinationales.org/). Elle a produit un compte-rendu de l’atelier qui a duré une journée.

Sur l’articulation local/national.
Les espaces de travail se fixent des plans de travail. Il faudrait développer les relations avec le local pour enrichir le travail mutuel au niveau national et local.

La recherche sur les multinationales
Les multinationales ne publient que ce qu’elles sont obligées de publier et s’arrangent pour que les infos soient difficilement exploitables. Elles poursuivent en justice les personnes qui enquêtent (cf. les procédures baillon). On peut mentionner deux portes d’entrée : sources internes ou ce qu’on appelle les lanceurs d’alerte ou des journalistes qui se font embaucher par les multinationales ainsi que l’exploitation des données publiées par les multinationales (de plus en plus sur internet). Attention, il faut savoir ce qu’on cherche. Internet implique une difficulté majeure : utiliser Google, c’est courir le risque que la recherche elle-même soit une information. Il vaut donc mieux travailler sur Firefox plutôt que sur Internet explorer. Les liens sont pléthoriques et on peut perdre l’objet de sa recherche.
Deuxième entrée : les sources secondaires. On peut regarder ce qui a déjà été fait (sources journalistes et livres comme celui de Berthelot sur Amazon ; site de l’observatoire des multinationales ; autres associations et syndicats qui ont des sites très développés). Il ne faut pas hésiter à prendre des notes et des références. Lorsqu’on fait des entretiens, on peut les enregistrer (avec accord). Les faits doivent être contrôlés et vérifiés. Les sources économiques sont parfois biaisées. Avec le moteur de recherche Qwant, on peut rechercher spécifiquement les fichiers PDF (que l’on ne retrouve plus par l’architecture officielle des sites des multinationales). Les multinationales en France sont obligées de publier le Document de référence (DDR). On peut se le procurer sur le site de l’entreprise ou auprès de l’autorité des marchés. Ce sont des mines d’informations. Mais, elles ne respectent pas toutes leurs obligations (par exemple Lactalis).
Astuce lorsque les documents sont longs : ctlr+f.

Illustration par Amazon.
La difficulté est qu’une recherche renvoie vers des ressources Amazon. Pour produire les bons de réduction, le DDR n’était pas accessible. Il a fallu chercher les chiffres sur les sites de cotation en bourse. Le bon évoquait l’impunité fiscale, sociale et environnementale. Les sites d’information et des autres associations ont été utiles. Les informations les plus représentatives ont été sélectionnées. Une note recto-verso a également été rédigée (disponible avec ses références sur Vie interne). Enfin, un rapport va bientôt être publié, co-écrit par Attac (impunité fiscale), les Amis de la Terre (impunité environnementale) et Solidaires (impunité sociale). Le rapport va au-delà des trois parties initiales et développe des informations trouvées en cours de recherche, telles que les résistances qui s’organisent.
Il faut rappeler que les espaces de travail sont constitués de militant.e.s, pas de personnes spécialisées. Les recherches restent à la portée de chacun.e.
La liste locale pourrait servir davantage à partager des tracts et autres argumentaires qui pourraient être repris et adaptés. Lorsque des documents sont produits, le mieux est de les partager avec les espaces de travail nationaux qui les mettront à disposition sur l’espace vie-interne (https://vie-interne.attac.org/campagnes/stop-a-l-impunite-des-multinationales/article/fiches-d-analyse-d-amazon-bayer-monsanto-bnp-paribas-et-total).

Travail sur le lobbying des multinationales à Bruxelles
Rennes a produit des argumentaires sur les actions de lobbying des multinationales vis-à-vis des instances européennes. Pour structurer le travail, trois axes étaient définis : fiscalité, environnement et société. Cela permet d’affiner la recherche. On peut se créer un document texte qui répertorie les références et où on copie-colle les informations pertinentes.
Outre l’Observatoire des multinationales, le site de Corporate Europe Observatory est une autre mine d’informations (https://corporateeurope.org/en).